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Mardi 10 février

Lyon : Quelle est l’origine de la Croix-Rousse ?

Rédigé par Léo Mourgeon
Avant de s'appeler « Croix-Rousse », le relief prenait le nom de « colline Saint-Sébastien » (crédit : Adobe Stock).

Derrière le nom d’un quartier familier se cache une histoire bien plus ancienne que ses immeubles canuts et ses marchés animés.

Les bases

  • Avant de devenir un repère urbain et un quartier en vogue, la colline formait un espace en marge de la ville antique. Les pentes sont occupées à l’époque romaine, près du bourg de Condate, voisin de Lugdunum, et accueillent routes, ateliers et sanctuaire fédéral des Trois Gaules autour du Iᵉʳ siècle.
  • Le plateau reste en revanche peu urbanisé. Après l’abandon des structures antiques, la zone sort du cœur de la cité. Au Moyen Âge, Lyon s’arrête aux Terreaux et la colline prend le nom de montagne Saint-Sébastien, en référence à un ermitage chrétien (on retrouve aujourd’hui cet héritage dans la montée éponyme).
  • On y cultive la vigne, quelques chemins abrupts relient le sommet, et l’espace dépend en partie du Franc-Lyonnais, hors des limites municipales. Ce territoire rural et périphérique constitue donc le socle du quartier actuel, bien avant que son nom n’apparaisse.

La réponse

  • L’appellation actuelle naît au XVIᵉ siècle avec l’installation d’une croix en pierre de Couzon, reconnaissable à sa teinte ocre, voire rousse. Érigée sur le plateau à un carrefour fréquenté, elle sert de repère au faubourg en formation et finit par désigner tout le secteur.
  • L’édifice connaît une histoire mouvementée : la croix est détruite lors des conflits religieux en 1562, reconstruite, puis de nouveau abattue à la Révolution avant d’être supprimée au XIXᵉ siècle.
  • Ses reconstructions successives prouvent son ancrage symbolique. Une réplique est finalement installée en 1994 place Joannès-Ambre, réaffirmant définitivement ce lien toponymique et identitaire.
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