Mardi 3 mars
Lyon : D’où vient le nom de la rue Mercière ?
Rédigé par Léo Mourgeon
Le toponyme de la rue reflète autant son histoire que son utilisation actuelle (crédit : Corentin Eustacchi / Wikimedia Commons).
Derrière les terrasses serrées, les pavés et les assiettes de quenelles, cette artère cache une histoire commerciale qui a façonné le centre-ville.
On rembobine
- Bien avant les nombreux restaurants actuels — plus d’une vingtaine — et les dizaines de M€ de chiffre d’affaires annuel estimés, l’axe était déjà stratégique. Des fouilles ont révélé une voie gallo-romaine : la Presqu’île était traversée d’est en ouest, reliant le pont du Rhône au pont du Change sur la Saône.
- Dès le XIIIᵉ siècle, la rue devient l’artère principale de la ville et le reste jusqu’au percement de la rue Centrale (actuelle rue de Brest) au XIXᵉ siècle.
- Au Moyen Âge, on y trouve drapiers, fourreurs, parcheminiers. Les foires lyonnaises attirent artisans et marchands venus d’Europe. Au XVIᵉ siècle, la rue concentre jusqu’à 181 ateliers d’imprimeurs à Lyon, devenant le 3ᵉ centre d’édition européen derrière Venise et Paris.
- Les rez-de-chaussée abritent alors bien souvent des presses et des librairies, les enseignes de fer forgé pendant au-dessus des passants. Plus tard, la rue décline, devient insalubre, puis haut lieu de prostitution jusque dans les années 1970, avant sa réhabilitation et sa piétonnisation en 1989.
La réponse
- Le nom de l’axe est un parfait exemple d’odonymie « utile » (un nom de rue qui a du sens). Il vient tout simplement du mot « mercier ». Au Moyen Âge, un mercier est un marchand.
- La rue s’est appelée « rue Machire », puis « Marchire », c’est-à-dire rue marchande. On distinguait même la « Grande rue Mercière » au sud et la « Petite rue Mercière » au nord.
- Le toponyme reflète donc sa fonction première : un lieu d’échanges, de commerce et d’approvisionnement, où l’on trouvait aussi bien des biens courants que des objets de luxe, jusqu’à l’orfèvrerie.
- Si la gastronomie domine aujourd’hui, le nom rappelle que ce morceau de Presqu’île a longtemps été le cœur économique de Lyon. Une rue qui n’a jamais cessé de vivre du commerce, simplement sous des formes différentes.
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