Jeudi 26 mars
Métropole de Lyon : un 3ᵉ tour inédit ce jeudi
Rédigé par Léo Mourgeon
Les nouveaux occupants de l'hémicycle du siège de la Métropole de Lyon seront installés dans la journée (crédit : Adobe Stock).
Les conseillers métropolitains installent ce jeudi leur nouvelle assemblée et s’apprêtent à désigner l’exécutif qui pilotera les grandes politiques publiques du territoire pour les 6 prochaines années.
On rembobine
- Dimanche dernier, les électeurs des 58 communes de la Métropole de Lyon ont élu au suffrage universel, à travers 14 circonscriptions, les 150 membres du Conseil métropolitain, qui entrent en fonction aujourd’hui.
- Au jeu des alliances et du scrutin proportionnel — avec une prime majoritaire de 50 % des sièges dans chaque circonscription — la droite et le centre réunis au sein de Grand Cœur lyonnais, menée par Véronique Sarselli, obtiennent 92 sièges (61,3 %).
- L’union de la gauche et des écologistes du président sortant Bruno Bernard arrive en 2ᵉ position avec 49 sièges (32,7 %). S’y ajoutent 5 élus du Rassemblement national (3,3 %), 3 élus de La France insoumise (2 %) et 1 élu divers gauche (0,7 %).
- La collectivité bascule donc à droite, avec une majorité absolue. Une situation inédite : la Métropole n’est plus alignée politiquement avec sa ville centre, Lyon, où la gauche de Grégory Doucet reste majoritaire.
L’élection du président
- Ce jeudi, à partir de 9h45, les élus se réunissent pour l’installation du nouveau Conseil métropolitain. Ils devront désigner, par un vote à bulletin secret, le ou la présidente de la collectivité : c’est le « 3ᵉ tour ».
- Au regard des équilibres politiques, le futur président devrait être issu de Grand Cœur lyonnais. Comme annoncé pendant la campagne, le poste devrait revenir à Véronique Sarselli.
- Cependant, plusieurs signaux laissent entrevoir des tensions internes, certains élus pouvant se porter candidats. En parallèle, des négociations ont eu lieu sur la composition de l’exécutif, notamment la répartition des vice-présidences et des sièges de la commission permanente.
- La séance pourrait ainsi dépasser la simple formalité et donner lieu à des échanges politiques, à suivre en direct sur le site de la Métropole.
Les pouvoirs
- La Métropole de Lyon constitue l’échelon décisionnel central pour les politiques structurantes. Le Conseil métropolitain vote le budget et fixe les grandes orientations à l’échelle des 58 communes.
- Ses compétences cumulent celles d’une intercommunalité et de l’ancien département du Rhône sur ce territoire : mobilités, transports, voirie, urbanisme (PLU-H), logement, développement économique, mais aussi politiques sociales (RSA, protection de l’enfance). Elle gère également les déchets, l’eau et l’assainissement.
- Avec près de 4 Md€ de budget, elle pilote l’essentiel des grands projets d’aménagement et d’infrastructures, là où les communes conservent des compétences de proximité.
Une situation inédite
- Pour la 1ʳᵉ fois depuis 2015, la Métropole n’est plus alignée politiquement avec Lyon, ni avec plusieurs grandes villes comme Villeurbanne, Vaulx-en-Velin ou Vénissieux. Cette configuration instaure une cohabitation entre exécutifs de sensibilités différentes, aux compétences étroitement imbriquées.
- Dans les faits, de nombreux projets nécessitent une coordination entre les 2 niveaux, ce qui peut entraîner des arbitrages plus complexes ou des ajustements dans leur mise en œuvre.
- Les domaines les plus exposés sont les mobilités, l’aménagement urbain et la transition écologique, où les orientations peuvent diverger. À l’inverse, cette configuration peut aussi favoriser des compromis, chaque collectivité conservant des leviers d’action.
- Une nouvelle séquence institutionnelle s’ouvre pour les 6 prochaines années, dans un contexte inédit à l’échelle de la Métropole.
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