Quais du Polar 2026 : « c'est un genre très ancré dans l’actualité »
À quelques jours de Quais du Polar, Hélène Fischbach, sa directrice, revient sur une édition 2026 tournée vers les sciences et les mutations du genre.
Pourquoi avoir choisi un thème autour des sciences ?
« On a choisi ce thème d’abord parce qu’il revient de plus en plus dans les polars. Le genre est très ancré dans l’actualité, dans le réel. Toutes les questions autour de l’intelligence artificielle, du dark web ou des nouvelles technologies sont aujourd’hui présentes dans les intrigues. »
« C’est une matière extrêmement riche, qui permet d’aller de situations très resserrées, comme une maison connectée qui dysfonctionne, jusqu’à des enjeux beaucoup plus larges, comme les conflits internationaux ou la manipulation du climat. »
« La police scientifique progresse aussi sans arrêt, et ça fait évoluer les récits. Cette thématique permet également de croiser les regards avec les universités lyonnaises, autour de la science, du droit ou des sciences sociales. »
Comment sont sélectionnés les 130 auteurs présents ?
« Le premier critère, c’est la nouveauté. On invite des auteurs qui ont publié un livre dans l’année écoulée. On cherche un équilibre entre auteurs très connus et découvertes, entre auteurs français et étrangers. »
« On fait également attention à la représentation femmes-hommes, même si on est assez dépendants des publications. C’est un travail qui se fait avec les éditeurs tout au long de l’année. »
« Aujourd’hui, on a de plus en plus de demandes des éditeurs. Certains annoncent même que leurs auteurs seront présents avant qu’on les ait invités ! C’est la preuve que le festival est désormais ancré dans le calendrier professionnel des auteurs et des éditeurs. »
Qu’est-ce que Lyon apporte au festival ?
« Lyon est une ville parfaite pour un festival comme le nôtre. On a toujours voulu se déployer dans différents lieux, et la ville s’y prête très bien. C’est aussi un décor de polar, avec ses traboules et son côté mystérieux. »
« On s’appuie sur un réseau de structures culturelles très fort, mais également sur un tissu de librairies indépendantes particulièrement développé. Lyon est une ville du livre, reconnue à l’international, et c’est un vrai atout. »
« Il y a évidemment un lien direct avec les thématiques du polar et le thème de cette année, avec la police scientifique, l’école de police ou Interpol. »
Le festival est-il devenu un événement grand public ?
« On accueille autour de 100 000 personnes, avec une base importante de lecteurs de polar qui viennent de toute la France, et même de Belgique ou de Suisse. Mais on a aussi un public plus curieux, attiré par des formats plus ludiques. »
« L’enquête dans la ville, à Gerland cette année, rassemble entre 15 000 et 20 000 participants chaque année et constitue une vraie porte d’entrée. Il n’y a pas que des lecteurs assidus : on peut entrer dans le festival par le cinéma, les jeux ou les rencontres. »
« Le polar lui-même a évolué. Il a longtemps été vu comme une littérature de gare, mais aujourd’hui il imprègne largement la littérature générale. Les frontières sont devenues beaucoup plus floues. »
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