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Jeudi 9 avril

Lyon : de « capitale de la police » à « capitale du crime », il n'y a qu'un pas

Rédigé par Adrien Giraud
Après la police, l'historien Amos Frappa plonge dans le passé sombre de la ville (crédit : Éditions La Manufacture).

Dans Lyon, capitale du crime (1890-1935) – Enquêtes, aveux et condamnations, publié aux éditions La Manufacture de livres, l’historien Amos Frappa plonge dans le passé sombre de la ville. À travers les archives judiciaires, les faits divers et les figures criminelles, il explore une époque où Lyon s’impose comme un véritable laboratoire du crime. Entretien.

Comment est né ce projet ?

« Il y a un an et demi, les Archives municipales de Lyon ont lancé un projet autour de la notion de “Lyon capitale”, déclinée sous différentes formes. »

« J’y ai participé en proposant le thème de Lyon, capitale de la police. L’école lyonnaise de criminologie, fondée par Alexandre Lacassagne dans les années 1880, est l’une des premières références en matière de police scientifique. »

« Ces chercheurs s’intéressaient aussi à la psychologie des criminels. Je me suis donc demandé si l’on ne pouvait pas renverser la perspective et voir si Lyon pouvait aussi être une capitale… du crime. »

Lyon mérite-t-elle vraiment ce titre ?

« À la fin du XIXᵉ siècle, la presse, les autorités et même la population contribuent à construire cette image de la ville. »

« Mais cette perception fait aussi écho à une réalité. Quand on se replonge dans les dossiers d’assises du Rhône, il y a matière à réflexion. »

« Les archives regorgent de cas qui semblent confirmer le bien-fondé de cette crainte. »

Comment expliquer cette « épidémie » de criminalité ?

« Lyon est une ville carrefour, marquée par un fort brassage de population. Forcément, cela attire des intérêts variés, y compris criminels. »

« Une autre explication tient à l’histoire : la violence ne disparaît pas après la Révolution française. Elle s’inscrit durablement dans le paysage urbain. »

« Enfin, on observe l’émergence de bandes criminelles structurées qui sillonnent la région. À l’image de Jules Bonnot, célèbre pour ses braquages, qui s’était un temps caché dans une loge du cimetière de la Guillotière, dans les bras de sa maîtresse. »

Lyon, capitale du crime (1890-1935) – Enquêtes, aveux et condamnations, éditions La Manufacture de livres.

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