Vendredi 10 avril
10 avril 1312 : quand Lyon devenait française
Rédigé par Léo Mourgeon
Le traité de Vienne, signé en 1312, fait entrer Lyon dans une ère de prospérité (crédit : Archives municipales).
Une décision politique prise un 10 avril au Moyen Âge redéfinit durablement le destin de la cité.
Les bases
- Capitale des Gaules sous l’Empire romain jusqu’à sa chute en 476, Lyon reste un centre religieux important et un carrefour commercial en reconstruction en Europe de l’Ouest. Successivement burgonde, franque, mérovingienne puis carolingienne, la ville échappe au contrôle du royaume de France à partir de la fin du IXᵉ siècle.
- Intégrée au royaume de Bourgogne au tournant du Xe siècle, elle rejoint finalement le Saint-Empire romain germanique en 1032. Mais l’empereur, trop éloigné, n’y exerce qu’un pouvoir théorique. Sur place, l’archevêque gouverne et fait de Lyon une principauté ecclésiastique.
- Cette autonomie dure plusieurs siècles, dans une ville déjà tournée vers les échanges, au carrefour du Rhône, de la Saône, des Alpes et du Sud.
Le contexte
- À partir du XIIIᵉ siècle, l’équilibre se fragilise. Les bourgeois, enrichis par le commerce, contestent le pouvoir de l’Église et cherchent un soutien extérieur. Ils se rapprochent du roi de France Philippe IV le Bel, qui voit là un enjeu stratégique dans la vallée du Rhône.
- Dès 1271, les bourgeois lyonnais se placent sous sa protection. Le roi installe des officiers royaux, renforce son influence et s’appuie sur les habitants. Face à lui, l’archevêque Pierre de Savoie tente de résister.
- Le conflit débouche sur un siège en 1310. Affaibli, l’archevêque finit par céder : le 10 avril 1312, un accord signé à Vienne, en marge du concile, transfère au roi la justice et le pouvoir politique sur Lyon.
Ce qui a changé
- Le traité officialise une situation déjà engagée. Lyon entre dans le royaume capétien en 1312 et voit s’installer une administration royale dès 1313.
- Le pouvoir local évolue aussi : en 1320, une charte entre le roi et l’archevêque accorde aux habitants une place dans la gestion de la ville avec le consulat, marquant une étape clé de l’autonomie urbaine. C’est la fameuse Charte Sapaudine, encore célébrée chaque année par les Pennons du Vieux-Lyon.
- Ce nouveau cadre contribue à stabiliser progressivement la cité et favorise son développement. Située entre l’Italie, la Flandre et le royaume de France, Lyon s’impose peu à peu comme un pôle économique majeur.
- Ce basculement politique pose les bases de son essor futur, jusqu’à en faire l’une des grandes villes européennes à la Renaissance.
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