Mardi 21 avril
D’où vient le nom du Rhône ?
Rédigé par Léo Mourgeon
Jules César et Pline l'Ancien utilisaient déjà « Rhodanus » pour désigner le fleuve lyonnais (crédit : Adobe Stock).
Le nom du fleuve lyonnais plonge ses racines dans l’Antiquité et raconte, à lui seul, une histoire bien plus ancienne que la ville.
Une origine antique
- Le Rhône apparaît très tôt dans les textes, sous le nom de Rhodanus, notamment chez Jules César au Iᵉʳ siècle avant J.-C.
- À l’époque, certains auteurs avancent une explication séduisante : le fleuve tirerait son nom de colons grecs venus de l’île de Rhodes. Une théorie reprise par l’illustre Pline l’Ancien.
- Mais cette piste est aujourd’hui écartée. Elle relève davantage du récit antique que d’une réalité linguistique.
Ça coule de source
- Les linguistes modernes s’accordent sur une origine encore plus ancienne, probablement celtique, voire pré-celtique. Le mot viendrait d’une racine indo-européenne rod / red, qui signifie « couler » ou « courir ».
- L’origine du suffixe -danus / -dan reste, elle, débattue. L’hypothèse le rapprochant de l’idée de force ou de violence est souvent avancée. On retrouve cette racine dans le nom celtique du Danube, Danuuios.
- Autrement dit, « Rhône » désignerait simplement le courant, ou le fleuve qui s’écoule rapidement. Une définition cohérente au regard de son débit puissant, qui en fait l’un des fleuves les plus rapides d’Europe occidentale.
- Dans cette lecture, le nom ne renvoie ni à un peuple ni à un territoire : il décrit directement la nature du fleuve.
Un long fleuve pas tranquille
- Au fil des siècles, Rhodanus évolue selon les influences celtiques, latines, romanes, d’oïl et du français moderne. Les peuples le nomment de diverses manières : Rodonus, Rodeno, Rodani, Rozer et, plus tardivement, Rosne.
- Comme dans beaucoup de mots français, le groupe « os » a subi un amuïssement (la disparition du « s »), remplacé par un « ô » à accent circonflexe. Le « Rh » initial, graphie héritée du grec, subsiste encore dans le nom actuel.
- Cette stabilité n’est pas anodine. Les grands fleuves conservent souvent des noms très anciens (hydronymes), car ils servent de repères majeurs dans les échanges et l’organisation des territoires.
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