Mercredi 27 mai
Lyon : Saint-Nizier révèle ses secrets
Rédigé par Léo Mourgeon
Deux édifices religieux ont cohabité durant plusieurs décennies sur le même site (crédit : Bibliothèque municipale de Lyon).
Une conférence organisée ce mercredi à Gadagne propose de redécouvrir l’histoire cachée de l’église à travers les traces laissées dans ses pierres depuis le Moyen Âge.
Les bases
- À première vue, Saint-Nizier ressemble à une église gothique classique du centre-ville. Pourtant, ses murs racontent plusieurs siècles de transformations. Ce mercredi, l’historien de l’art Nicolas Reveyron, spécialiste du Moyen Âge à l’université Lyon 2, vient présenter à Gadagne les découvertes faites autour de l’édifice.
- Au cœur de la conférence : « l’archéologie du bâti ». Cette discipline consiste à « analyser les pierres, les maçonneries et les traces laissées dans les murs pour reconstituer l’histoire d’un bâtiment », explique-t-il.
- À Saint-Nizier, « ces indices permettent aujourd’hui de retrouver les contours de l’ancienne église médiévale disparue », ajoute le chercheur.
Ce qu’il faut savoir
- L’église actuelle a été reconstruite entre les XVe et XVIe siècles sur l’emplacement d’un édifice plus ancien datant de l’époque mérovingienne. Mais contrairement à un chantier classique, l’ancienne église n’a pas été détruite immédiatement.
- « Pendant plusieurs décennies, les 2 bâtiments ont coexisté. La nouvelle construction avançait progressivement autour de l’ancienne afin de continuer à accueillir les cérémonies religieuses », raconte Nicolas Reveyron.
- Cette organisation a laissé des traces encore visibles aujourd’hui. Les recherches évoquent notamment une ancienne crypte, des tombeaux d’évêques lyonnais ou encore des vestiges liés à d’anciens pèlerinages.
Le symbole
- Saint-Nizier occupe une place particulière dans l’histoire lyonnaise. Située au cœur de la Presqu’île, elle est liée aux premiers temps du christianisme à Lyon et à la figure de saint Pothin, considéré comme le 1ᵉʳ évêque de la ville.
- Au fil des siècles, l’église a traversé les grandes périodes de l’histoire lyonnaise, du Moyen Âge à la Révolution. Elle fut même le théâtre de la grande révolte des prostituées il y a 50 ans.
- « Elle est de ces murs qui permettent de raconter l’histoire d’une ville, d’une société et de son évolution », conclut le chercheur.
Y aller : La conférence débute à 18h, en lien avec l’exposition Merveilleux Moyen Âge de Gadagne. Accès à 3 €, gratuit pour les mineurs. Billetterie sur place.
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