Lyon : Le nouveau directeur de la Biennale de la danse veut « apporter de la poésie à une période difficile »
Le nouveau directeur artistique de la Biennale de la danse de Lyon, Tiago Guedes, dévoile les attentes et les grandes orientations de l’édition 2025 qui débute ce week-end.
C’est votre 1ʳᵉ Biennale. De quoi êtes-vous parti pour construire cette édition ?
« La Biennale, c’est d’abord un héritage immense. Nous avons voulu traduire cet héritage en le confrontant aux écritures chorégraphiques d’aujourd’hui. »
« Sur 40 spectacles, 24 sont des créations inédites. Les autres datent des deux dernières années. On a vraiment une grande diversité d’esthétiques, avec un dénominateur commun : le corps et la matière. »
« La nouveauté cette année, c’est aussi un forum de pensée et de réflexion sur l’état du monde chorégraphique, mais dans une perspective extra-européenne. Nous avons travaillé avec 5 metteurs en scène venus de Taïwan, d’Australie, du Mozambique, du Brésil et des États-Unis. »
L’intégration du public, c’est une manière de démocratiser votre art ?
« La danse est déjà présente partout, à la télévision, dans l’espace public. La Biennale est à la fois pointue et populaire. »
« Depuis 1996, le Défilé rassemble entre 2 500 et 3 000 personnes dans la rue. Ces danseurs amateurs travaillent pendant des mois avec des chorégraphes. Ils ont tous hâte d'être dimanche. »
« Nous voulons aller plus loin : permettre au public de participer réellement, et pas seulement de faire de la figuration. Contrairement à d’autres festivals de danse, la participation populaire est au cœur de la Biennale. »
Qu’est-ce que la danse peut apporter dans le contexte actuel ?
« La danse, c’est un langage universel qui réunit au-delà des frontières. »
« Nous vivons un moment très compliqué, où l’Europe se referme sur elle-même. Plus que jamais, nous avons besoin de la danse pour apporter de la poésie. »
« La danse nous rappelle que nous avons un corps, une présence, et que cette énergie peut devenir un espace de rencontre. Elle ne cherche pas à convaincre par les mots, mais à toucher par le mouvement. C’est cette simplicité qui peut redonner de l’espoir et créer des liens entre les gens. »
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