Lyon : Nicolas Tobia, l'âme de la Taverne du Perroquet
Anciennement « Perroquet Bourré », la Taverne du Perroquet, emblématique bar de la rue Sainte-Catherine, fête cette année ses 30 ans d’existence. À sa tête depuis 2004, Nicolas Tobia a su faire évoluer le lieu sans en trahir l’âme.
Un jeune gérant
Lorsqu’il reprend le Perroquet Bourré à 21 ans, Nicolas Tobia ne manque pas de courage. Son père et son oncle, restaurateurs dans le quartier, viennent de racheter l’établissement et lui confient les clés du bar.
« C’était le bazar, mais dans le bon sens. Ça dansait sur les tables, ça chantait déjà. J’étais tout jeune mais franchement prêt », se souvient-il. Avec son expérience dans l’hôtellerie, le patron novice imprime sa marque tout en préservant l’esprit d’un lieu culte pour bon nombre de Lyonnais.
Inspiré par ses voyages annuels aux Caraïbes, il enrichit la carte : « On est passés de 3 bouteilles de rhum à 150. Ça a aidé à faire grandir le bar et lui donner une identité unique. »
Au fil des années, Nicolas grandit avec son établissement. Il y rencontre sa femme, ses amis, et garde le contact avec la plupart de ses anciens salariés.
Un pari renouvelé
En 2015, le Perroquet Bourré devient la Taverne du Perroquet. Un virage assumé, sans renier le passé. « Forcément, un adjectif comme ça, il reste dans la tête des Lyonnais. On ne s’en débarrasse pas facilement ! » sourit-il, amusé de voir que beaucoup utilisent encore l’ancien nom.
Avec le temps, le lieu s’est légèrement assagi, tout comme son patron et sa clientèle fidèle. Le sol ne colle plus, mais l’ambiance reste. La Taverne s’est même offert une renommée internationale : en 2022, Mick Jagger s’y arrête et se filme devant la façade, citant Sollers, ou Sade : « Tout est paradis dans cet enfer. »
« Il y a quelques semaines, Arthus nous a écrit pour savoir s’il pouvait venir. On accueille les gens simplement, c’est sûrement ça qui plaît », estime Nicolas.
À 39 ans, il reste très impliqué dans la vie du quartier et milite au sein de l’association des commerçants : « Je ne veux plus qu’on parle en mal de ma rue Sainte-Catherine. » Un engagement et une fidélité qui laissent espérer encore 30 ans de rires et de rhum au Perroquet.
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