Le portrait : Serge Annequin, l’homme qui dessinait les secrets de Lyon ✍️
À l’occasion de la sortie de sa bande dessinée consacrée aux célèbres arêtes de poisson de la Croix-Rousse, le dessinateur Serge Annequin revient sur son parcours atypique, entre exploration urbaine et vocation tardive.
On rembobine
Né à Lyon il y a presque 60 ans, Serge Annequin a grandi du côté de Caluire-et-Cuire. Fasciné très tôt par les univers d’Hergé ou d’Edgar P. Jacobs, il développe un goût parallèle pour l’exploration urbaine et souterraine.
Maisons abandonnées, fort de Montessuy, et bien sûr les mystérieuses arêtes de poisson : l’adolescent arpente déjà les lieux interdits et les entrailles de la ville. « J’aimais dessiner le Lyon qu’on ne voyait pas, surtout le bas des pentes avec ce côté un peu crado. En revanche, jamais je n’ai pensé que la BD était faite pour moi », confie-t-il.
Une vocation tardive
Installé un temps dans un habitat précaire en bord de Saône, Serge Annequin s’en sort et s’oriente vers la communication visuelle.
Ce n’est que depuis une dizaine d’années qu’il décide de se consacrer pleinement à la bande dessinée. Il explique : « je pense que je devais mûrir. J’ai fait sauter les verrous et aujourd’hui, je peux dire que c’est devenu mon métier ».
Lyon en toile de fond
Sa trilogie de l’oubli, œuvre la plus personnelle, aborde les thèmes qui lui sont chers : l’identité, la mémoire, et un personnage central qui se réfugie dans les souterrains d’une ville imaginaire fortement inspirée de Lyon.
Aidé par Mikaël Mignet au scénario, Serge Annequin signe aujourd’hui une BD plus réaliste et très bien documentée sur les arêtes de poisson, ces galeries souterraines énigmatiques de la Croix-Rousse.
« Trente ans après ma première visite, leur mystère me fascine toujours autant », conclut-il. L’ouvrage de 132 pages est publié aux éditions Paquet.
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