Mardi 22 juillet
Lyon : Un implant révolutionnaire contre l’apnée du sommeil
Rédigé par Léo Mourgeon
Cette sorte de « pacemaker du sommeil » permet de remplacer des systèmes lourds et handicapants (crédit : Adobe Stock).
Depuis cette semaine, les Hospices Civils de Lyon proposent une alternative de pointe aux patients en échec de traitement.
Les bases
- L’apnée du sommeil touche 4 à 5 % de la population, mais reste encore largement sous-diagnostiquée. Elle provoque des interruptions de la respiration pendant la nuit, causées par un relâchement des muscles de la gorge.
- Cela entraîne une fatigue chronique, une somnolence importante et, à terme, des risques cardiovasculaires, métaboliques et psychologiques. Pour les patients, le quotidien devient un véritable parcours du combattant.
- Masques, appareils bruyants ou orthèses inefficaces rythment des nuits hachées et des réveils sans repos. La moitié des personnes équipées abandonnent leur traitement dans les 3 premières années.
Comment ça marche ?
- Pour les cas les plus complexes, les HCL proposent désormais une solution chirurgicale : un implant de neurostimulation baptisé Inspire. Ce petit boîtier, placé sous la peau, envoie des impulsions électriques au nerf hypoglosse pendant le sommeil.
- Il fait avancer la langue pour dégager les voies respiratoires. « L’intervention dure 2h. On place des électrodes sous le menton et un boîtier dans le thorax. Ce système, indolore, ne s’active que la nuit », explique le Dr Clémentine Daveau, chirurgienne ORL à la Croix-Rousse, qui vient de poser avec succès le 1ᵉʳ implant du territoire.
- Ce traitement s’adresse aux patients dont l’IMC est inférieur à 30 et souffrant d’une apnée modérée à sévère. Il est pris en charge par la Sécurité sociale.
Ce qui compte
- Cette avancée est rendue possible grâce à la collaboration entre les équipes d’ORL et le service du sommeil de la Croix-Rousse. Chaque dispositif est paramétré selon le profil du patient, activé un mois après l’opération, puis ajusté au bout de 3 mois.
- « Lors de la 1ʳᵉ consultation, on règle la fréquence, l’intensité et la durée des stimulations. Une télécommande est ensuite remise au patient pour qu’il puisse l’activer chaque soir », précise le Dr Emeric Stauffer, spécialiste du sommeil.
- À Lyon, les équipes espèrent équiper une dizaine de personnes par an. Le dispositif est proposé dès à présent aux patients déjà suivis et sera progressivement étendu à l’ensemble de la population.
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