Jeudi 12 février
PFAS : l’étude « Impact » passe au concret dans le sud de Lyon
Rédigé par Léo Mourgeon
L'étude est portée par 40 collectivités et syndicats des eaux (crédit : Adobe Stock).
Des prélèvements sanguins auprès de la population débutent pour mieux mesurer l’exposition des habitants à ces polluants persistants présents dans l’environnement local.
État des lieux
- Depuis 2022 et la révélation d’une contamination autour de la vallée de la chimie, les PFAS – substances chimiques utilisées pour leurs propriétés anti-graisse ou imperméabilisantes – se sont imposés dans le débat local.
- Ces composés, surnommés « polluants éternels » parce qu’ils se dégradent très peu, ont été employés pendant des décennies par l’industrie, notamment autour de la plate-forme industrielle de Pierre-Bénite.
- Des traces ont été retrouvées dans l’eau, les sols et l’air, poussant les autorités à renforcer les contrôles et à adapter certaines recommandations sanitaires. Pour une population d’un bassin de vie dépassant 400 000 habitants et couvrant près de 150 communes, la question dépasse désormais le cadre industriel et concerne directement les conditions de vie quotidiennes.
Ce que l’on sait
- Les données accumulées par les autorités sanitaires dessinent un tableau plus précis. L’ARS observe une présence mesurable de PFAS dans différents milieux, avec des dépassements relevés dans des œufs domestiques ou dans certaines eaux d’arrosage, tandis que l’eau potable distribuée reste conforme dans la grande majorité des cas.
- Dans les poissons du Rhône ou du Garon, certaines concentrations excèdent les seuils alimentaires européens, entraînant des recommandations de non-consommation.
- Côté recherche, l’étude Opal a prélevé le sang de 125 salariés exposés pour analyser 31 composés, tandis que le programme Perfao examine environ 300 habitants afin d’explorer les liens sanitaires. Ces travaux doivent poser un constat : l’exposition existe, mais ses conséquences précises sur la santé restent à documenter.
Et maintenant ?
- Arrive alors l’étude Impact, dont la phase de prélèvement débute, avec un peu de retard. Portée par des collectivités locales, elle repose sur les prises de sang de 500 adultes tirés au sort parmi 369 000 volontaires potentiels. Les analyses porteront sur plusieurs PFAS afin d’établir une cartographie fine de l’imprégnation selon les territoires et les profils.
- Contrairement aux recherches précédentes, elle ne vise pas à établir un lien médical mais à fournir des données locales pour orienter les décisions publiques et alimenter les procédures judiciaires engagées.
- Pour les élus comme pour les habitants, ces résultats attendus dans l’année doivent clarifier l’ampleur réelle de l’exposition et permettre d’objectiver le débat.
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