L'entretien : Pour Christophe Castaner, la pression des Marseillais a accéléré le déploiement du branchement électrique des paquebots
Le président du port de Marseille-Fos détaille les enjeux de cette installation lancée samedi, alors que les bateaux de croisière représentent 30 % des émissions atmosphériques du port.
POURQUOI EST-CE UN MOMENT CLÉ ?
« Le branchement simultané de 3 paquebots à quai est une prouesse technique, avec une puissance équivalente à 5 % d’un réacteur nucléaire. C’est une première en Méditerranée, en France et sans doute en Europe. Un seul navire consomme l’équivalent d’une ville de 13 000 habitants. Nous produisons une partie de l’électricité via des panneaux photovoltaïques installés sur le port, le reste étant fourni via un contrat d’énergie verte. Et en l’absence de navires, cette énergie est réinjectée dans le réseau. Nous avons mis en place un forfait de connexion par passager pour les compagnies. C’est compétitif face au GNL et cela sécurise les coûts. »
QUELS SONT LES BÉNÉFICES POUR LA SANTÉ ?
« À quai, les navires coupent leurs moteurs donc nous avons zéro émission de particules fines. Cela évite l'émission de 10 000 tonnes de CO2. Sur 10 ans, nous avons réduit jusqu’à 90 % d’oxydes d’azote et 75 % de particules fines. Les Marseillais ont exprimé une forte attente d’un air plus pur. Ces exigences ne furent pas des contraintes, mais, au fond, notre accélérateur d'histoire. Le débat sur la croisière existe, mais nous avons fait le choix d’agir plutôt que d’interdire. »
CES ÉQUIPEMENTS RÉPONDENT-ILS AUX RIVERAINS OU À L’EUROPE ?
« Nous avons 4 ans d’avance sur les exigences européennes. Elles imposent l’électrification à quai au 1er janvier 2030. Notre programme a été lancé en 2017, d’abord pour les ferries, puis pour les liaisons vers l’Afrique du Nord. Plus de 200 M€ ont été investis, avec le soutien de l’État et des collectivités. Dans le même temps, le trafic a fortement augmenté, atteignant 2,5 millions de passagers en 2025. Nous poursuivons sur Marseille en équipant la réparation navale, ainsi que les terminaux roulier et conteneurs. L’objectif étant une livraison d’ici 2028. »
Nos lecteurs ont aussi lu :
Lire la dernière édition de l'Essentiel Marseille