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Vendredi 19 décembre

Anniversaire de la naissance du Sémaphore ancêtre de La Provence

Rédigé par Frédéric Dubessy
Le périodique a été la référence des négociants marseillais pendant 100 ans (Crédit : Retronews/BnF).

Voici près de 2 siècles naissait ce journal, ancêtre direct de La Provence.

La genèse

  • Le 19 décembre 1827, Joseph-François Feissat et Pierre Alexandre-Henri Demonchy publient un spécimen du Sémaphore. Le voir.
  • Les 2 journalistes marseillais utilisent ce prospectus de 6 pages pour présenter, aux négociants et armateurs de la ville, leur projet de journal dédié au commerce.
  • 3 autres parutions avec le même objectif ont lieu les 27, 29 et 31 décembre.
  • Il faudra attendre le 1er janvier 1828 pour lire la mention « N°1 » imprimée sur Le Sémaphore. Le voir.
  • Le titre est emprunté au nom du système de télégraphie optique positionné en haut de la colline de la Garde pour annoncer l'arrivée des navires dans le port.

Ses hauts et ses bas

  • Sous l'impulsion de la famille Barlatier, qui le dirige de 1830 à 1944, Le Sémaphore devient le périodique de référence pour la haute bourgeoisie locale grâce à la précision de ses informations commerciales (mouvement des navires, cargaisons, cours de la Bourse...).
  • Ce quotidien du matin ouvre aussi ses colonnes à la culture.
  • Émile Zola y publie, de 1871 à 1877, des chroniques sur l'actualité politique et artistique de la capitale.
  • Mal vu et censuré par la presse parisienne, l'écrivain qualifie cette collaboration marseillaise ainsi : « Le journal me nourrit, et je le nourris bien. »
  • Ernest Reyer, le compositeur de l'opéra « Sigurd », tient la rubrique musicale.
  • Au XXe siècle, le journal commence à décliner, faute d'avoir pris le virage de la presse d'opinion et concurrencé par des titres plus populaires comme Le Petit Marseillais.
  • Malgré la censure, il poursuit son activité lors de la 2e Guerre mondiale, ce qui lui vaudra une interdiction définitive après une dernière parution le 19 août 1944, son 35 776e numéro.

Son héritage

  • Ses locaux et son imprimerie, l'une des plus modernes de France, sont saisis à la Libération par la Résistance, et notamment Gaston Defferre qui va s'en servir pour lancer, le 31 août 1944, Le Provençal, un quotidien d'informations générales.
  • Le 24 août 1946, un titre spécialisé dans les activités portuaires prend le relais du Sémaphore sous le nom de Marseille Maritime puis L'Antenne le 1er janvier 1947.
  • En 1997, la fusion entre Le Provençal et le Méridional, du même groupe, donne naissance à La Provence, héritière en ligne directe du Sémaphore.
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