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Mardi 31 mars

La question : d'où vient le mot fada ?

Rédigé par Diane Vandermolina
Il appartient à la culture marseillaise (Crédit : Quartier Nord).

De la fée occitane au doux fou marseillais, son histoire riche et complexe remonte au Moyen Âge.

La genèse

  • Le mot fada possède une double origine étymologique dérivant du latin classique fatuus qui veut dire sot, niais mais aussi fade, sans goût et du latin vulgaire fāta, qui désigne la fée ou le destin.
  • En occitan médiéval, fada signifie déesse de la destinée et fadat une personne au comportement étrange charmée ou touchée par les fées.
  • Le mot fat, apparu au XIVᵉ siècle, devient fadasse (de l’occitan fatatz) sous la plume d’Agrippa d’Aubigné au XVIᵉ siècle et Voltaire au XVIIIᵉ siècle, pour qualifier une personne naïve, stupide, un peu folle.

Le tournant

  • En 1861, fada apparaît dans le dictionnaire régional de Mège à Clermont-Ferrand.
  • Frédéric Mistral, dans Lou Tresor dóu Félibrige (1886-1891), écrit qu’il a le sens de fée et prédestiné ainsi que de nigaud, idiot, facétieux et fade.
  • « Lou Fada est le nom donné au littoral de la mer, à droite du Prado, sur la plage de Marseille », précise-t-il.
  • Il entre dans le Larousse de 1930 et Marcel Pagnol le popularise en décrivant des personnages farfelus attachants dans ses romans.

Et aujourd’hui

  • Dans le Dico Marseillais (1998), le fada est un simplet ou un passionné : il peut être niais, cinglé, fou ou excentrique, imprévisible, impressionnant à l’image de la Maison du Fada (La Cité Radieuse de Le Corbusier).
  • On y parle d’un aïoli fadoli (insipide), de commandos fadas (joyeux drilles), de boule fadade (ensorcelée) ou du parler fada (marseillais).
  • « Dans "Fous, mais pas fadas" (4e album de Quartiers Nord), fous est pris dans le sens qui sort du conventionnel, et fadas, dans son volet benêt », confie à l'Essentiel Marseille le chanteur-historien de Quartiers Nord, Robert Rossi.
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