Mardi 14 avril
Que symbolisent les 2 lions et les 2 tigres du Palais Longchamp à Marseille ?
Rédigé par Diane Vandermolina
À gauche, un lion terrasse un mouflon ; un tigre, une biche. À droite, un lion tue un sanglier ; un tigre, une gazelle (Crédit : Photochrom Print Collection 1890/1900).
Boulevard de Montricher (5e) 4 fauves racontent tout ce que le Palais célèbre.
Un peu d'histoire
- En 1859, la municipalité commande la construction d’un château d’eau sur le plateau Longchamp pour recevoir les eaux de la Durance amenées par le canal de Marseille.
- En 1862, l’architecte Henri-Jacques Espérandieu conçoit le pavillon central du monument avec sa galerie à colonnades et ses 2 ailes abritant le musée des Beaux-Arts et le Muséum d’Histoire naturelle.
- Jules Cavelier en réalise l’énorme fontaine à cascades d’où jaillit l’eau, symbole de fertilité et d’abondance.
- Inauguré le 14 août 1869 après 7 ans de travaux, le Palais Longchamp célèbre une victoire majeure : celle d'une ville capable de capter, d'organiser et de contrôler les ressources naturelles.
À voir
- Deux sculptures de fauves avec leur proie, montées sur un piédestal monumental, entourent chacun des portails de ce monument.
- Ces lions et tigres sont signés Antoine-Louis Barye (1795-1875), maître du réalisme animalier.
- Le sculpteur, inspiré par l’Orient et le romantisme, réalise des scènes de prédation saisies à l'instant fatidique.
- Elles frappent par leur tension et vérité saisissantes, saluées par les critiques du salon de 1831 selon le catalogue de ses œuvres de 1875.
La symbolique
- Le lion africain - puissant et majestueux - et le tigre asiatique - violent et nerveux - incarnent la puissance brute, sauvage et dangereuse.
- Placés à l’entrée, loin de n’être que décoratifs, ils inspirent crainte et fascination, rappelant la nature indomptée que l’homme du XIXe siècle cherche à maîtriser à l’image de la construction du canal de Marseille.
- Dominant leur proie mais figés dans la pierre, ils font miroir à l'eau qui jaillit derrière eux : la civilisation dompte la nature, même la plus violente.
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