Le portrait : Bruno Salaün voit la mode en bleu 🪡
Il a tout lâché, métier et région, pour se lancer dans la création de vêtements.
Le parcours
« Je ne viens pas du tout de ce milieu », prévient Bruno Salaün. Brestois de naissance, il passe un bac STI2D, puis part en IUT Génie civil à Rennes avant de s'inscrire à Brest dans une école de management environnemental et qualité globale des constructions. « J'ai commencé cette licence pro, mais ne trouvant pas d'alternance, j'ai cherché un poste. » Le jeune homme exerce pendant 4 ans comme technicien diagnostiqueur pour les travaux et la démolition des bâtis. « Je commençais à avoir du mal à aller au travail », souligne-t-il.
La reconversion
Après « une rupture conventionnelle et 2 ou 3 cours du soir de couture », ce fan de vêtements se lance dans la mode en 2022. « Quitte à changer de vie, j'ai décidé d'aller dans le Sud-Est, que je ne connaissais pas, attiré par la mer, le soleil, la montagne. » Les débuts sont difficiles, « c'était précoce avec zéro bagage, mais il fallait que j'assume mon choix », reconnaît cet autodidacte. Il suit une formation intensive de 3 mois, financée par le CPF, chez un tailleur à Avignon. « Ceci m'a donné le bagage technique pour me lancer en toute confiance. » Bruno Salaün crée le sac Manicacci (70 €), vendu à une centaine d'exemplaires en un an, uniquement par le bouche-à-oreille. Découvrant Marseille les week-ends, il s'y installe en juillet 2024, investit dans des machines et devient son propre patron en fondant la marque Bleu Bruno le 1er décembre, date de lancement de sa 1re collection sur son site et les réseaux sociaux.
Les projets
« Je fabrique de façon artisanale avec des séries limitées de 40 à 50 pièces, et à la commande pour mieux répondre à la demande. » Sortant le 13 juillet, sa nouvelle collection Gémenos, « car c'est là que nous avons tourné le court métrage la présentant fin juin », comprend un pantalon (300 €) et un bermuda (275 €), tous les 2 à plis et déclinables en homme ou femme à partir de 7 tissus différents. Fêtant mercredi ses 27 ans, Bruno Salaün partage ses journées entre son atelier (58, rue de la Paix Marcel-Paul - 6e) et son job à mi-temps de vendeur dans une boutique Sandro. Cet amateur de sports a pour équipe de cœur le Stade brestois. En travaillant à sa nouvelle collection, il suit en toile de fond les grands événements sportifs, comme le Tour de France. « Je veux constituer un vestiaire petit à petit avec des productions tous les 6 mois. Je réfléchis actuellement à la collection hiver », dévoile-t-il.
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