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Lundi 9 février

Maurice Xiberras, du poulailler à la tête de l’Opéra de Marseille

Rédigé par Diane Vandermolina
Il aime comparer le public de l’Opéra à celui de l’OM tant pour sa ferveur que pour son intransigeance (Crédit : Christophe Billet).

Le Marseillais incarne 60 ans de passion lyrique.

Bio express

Né en 1960, Maurice Xiberras se destinait à être prof de musique. « Avec ma grand-mère, petit, j’ai vu « Ciboulette », opérette de Reynaldo Hahn : je suis tombé dans la marmite. J’ai usé mes fonds de culotte au poulailler : je m’imprégnais des rôles du répertoire. » Il fait des études au Conservatoire Pierre Barbizet et une maîtrise à la Fac. « Je postule ensuite à l’Opéra de Lyon en cachette de mes parents pour y suivre l’atelier lyrique. Retenu et lauréat d’une bourse, je leur dis alors : je vais chanter. » Maurice Xiberras poursuit une carrière internationale de baryton mozartien et rossinien jusqu’en 2001, date à laquelle Renée Auphan, directrice de l’Opéra de Marseille, lui demande de la rejoindre. « J’en connaissais tous les métiers. Avant d’être chanteur, étudiant, j’ai touché à tout, de la fabrication d’accessoires à la régie », précise-t-il. Après 5 ans passés à la direction artistique, il en prend la direction générale en 2013.

Ses passions

Amateur de balades, littérature et cinéma français, il reste viscéralement attaché à sa ville même s’il est nostalgique du Marseille de son enfance et de ses théâtres de patronage où tout le monde chantait. « À l’Opéra, les gens venaient avec leur partition, ils avaient le culte de la voix. Une fois, un directeur a été jeté dans le Vieux-Port pour une mise en scène trop moderne », raconte-t-il en confiant « on portait les artistes jusqu’à l’hôtel Beauvau après la représentation : aujourd’hui, le public est plus policé. » 

Et maintenant ?

Malgré des contraintes budgétaires croissantes, Maurice Xiberras maintient une programmation ambitieuse et réussit à rajeunir son public. Il attend « avec impatience "Le Dialogue des Carmélites", un de mes ouvrages préférés pour la musique de Poulenc, et le texte de Bernanos (25, 27 et 29 mars) et, bien sûr, "Das Rheingold" (5 au 13 mai) avec sa distribution majoritairement française et notre chef, Michele Spotti, qui dirigera son 1er Wagner. »

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