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Mercredi 20 mai

Simon Cossus Baÿ : « L’Occitan n’est pas une langue du passé »

Rédigé par David Pagès
Simon Cossus Baÿ, coprésident de l'association Leon Còrdas (crédit : Miglen Belev).

À Montpellier, l’occitan continue de vivre loin des clichés folkloriques. À travers le collège et lycée Leon Còrdas, les familles, enseignants et associations défendent une langue du quotidien, portée par un projet éducatif et collectif. Simon Cossu Baÿ, coprésident de l’association Léon Còrdas, raconte cette autre manière de faire école. Nòstra entrevista...

Quelle place pour l’occitan à Montpellier aujourd’hui ?

« Il y a encore une vraie culture occitane à Montpellier, même si elle reste discrète. On la retrouve dans des fêtes populaires comme le carnaval, Martror et la Saint-Jean, mais aussi à Radio Lenga d’Òc, au théâtre de la Rampe ou dans plusieurs associations comme Inter'Cal. »

« Malgré cela, l’occitan reste peu visible dans l’espace public. Avec d’autres structures, on demande plus de signalétique bilingue, les noms des stations de tram en occitan ou un élu dédié à cette culture. »

« L’occitan n’est pas un patois, c’est une langue à part entière. Et aujourd’hui, on voit revenir un intérêt chez des jeunes et des familles qui cherchent des racines sans logique de repli. L’Occitanie a toujours été une terre d’ouverture. »

Pourquoi choisir une scolarité en occitan ?

« Il y a à la fois la transmission, l’identité culturelle et l’ouverture. Certaines familles parlent occitan à la maison, mais beaucoup viennent aussi pour la pédagogie. Pour moi, ce n’était pas un choix militant au départ. »

« Ce qui m'a séduit, c’est le fonctionnement de l’établissement Leon Còrdas : petits effectifs, vraie prise en charge des élèves, pédagogie inspirée de Freinet, très collective.

« Les enfants sont encadrés toute la journée dans un environnement protecteur. Et l’occitan devient une langue vivante, utilisée dans les projets et la vie quotidienne, pas seulement une matière scolaire. »

Comment les parents participent-ils à ce modèle ?

« Ici, les parents ne consomment pas l’école : ils la font vivre. L’association porte des projets autour de l’écologie, du théâtre ou des échanges Érasmus avec des Basques, des Catalans ou des Allemands. »

« Composteurs, revégétalisation, futur poulailler… Les élèves voient concrètement comment naissent des projets collectifs. Ça change leur rapport à l’école. Ils sentent que les adultes sont impliqués avec eux. »

« Et ça crée une ambiance très familiale, où l’occitan devient naturellement la langue du quotidien et du lien. »

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