Mardi 19 mai
Conférence sur la mode durable : L'heure du grand tri
Rédigé par David Pagès
La question du recyclage est centrale si l'on veut réussir le challenge de la mode durale et responsable (crédit : Adobe Stock).
Le Cercle zététique Languedoc-Roussillon organise ce soir de 18h à 20h30, au Ceméa, une conférence gratuite autour d’une question devenue centrale : la mode peut-elle vraiment devenir durable et responsable ?
Ce qu’il faut savoir
- Invitée de la soirée, Évelyne Chaballier, économiste montpelliéraine, ancienne directrice des études économiques et prospectives à l’Institut Français de la Mode, viendra décortiquer les promesses et les limites de la mode dite durable.
- Le titre annonce la couleur : "Entre promesses marketing et progrès mesurables, la mode peut-elle devenir durable et responsable ?".
- « L’idée, c’est de séparer les progrès réels des paillettes du greenwashing », explique à l'Essentiel Montpellier la trésorière, par ailleurs, du Cercle zététique Languedoc-Roussillon.
- La spécialiste analysera toute la chaîne textile : du coton au polyester, des ateliers asiatiques jusqu’au recyclage des vêtements. Une conférence pensée comme « un exercice de zététique », autrement dit une démarche basée sur les faits, les chiffres et l’esprit critique plutôt que sur les slogans.
Pourquoi c’est important ?
- Parce que nos vêtements ont un coût invisible. Selon Évelyne Chaballier, l’industrie textile fait aujourd’hui partie « des secteurs arrivés au bout du système ».
- Surproduction, vêtements jetés après quelques usages, pollution liée au polyester issu du pétrole, consommation massive d’eau pour le coton : la mode pèse lourd sur l’environnement.
- « On achète de plus en plus de produits qui ont une durée de vie de plus en plus courte, et on ne sait plus quoi faire des déchets », résume-t-elle.
Mais aussi
- L'économiste rappelle aussi les dérives de l’ultra fast-fashion, incarnée par certaines plateformes asiatiques capables de proposer des milliers de nouveautés par jour à des prix dérisoires.
- Face à cela, émergent d’autres modèles : fabrication locale, vêtements plus durables, réparation, 2e main ou recyclage textile. « Le réflexe aujourd’hui, c’est peut-être d’avoir moins de choses dans ses placards, mais de meilleure qualité », estime-t-elle.
- Sans oublier la réalité du pouvoir d’achat : « On sait produire plus proprement, mais cela coûte encore trop cher. » Pour elle, le défi des prochaines années passera avant tout par le développement d’un recyclage industriel réellement viable.
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