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Mercredi 11 février

Broder l'exil à l'Espace Dominique Bagouet

Rédigé par David Pagès
La pièce phare de cette exposition, une grande carte du monde brodée (crédit : Christine Masduraud).

À l’Espace Dominique Bagouet, Christine Masduraud expose à partir d'aujourd'hui, et jusqu'au 5 avril, une œuvre collective née de la rencontre entre art textile et récits d’exil.

Que regarder ?

  • Dans cette exposition intitulée Là où commence la mue, le silence s’impose très vite. Celui d’un fil qui traverse le tissu, d’un geste répété, d’un souffle retenu.
  • Christine Masduraud invite à regarder autrement : des broderies collectives, nées entre les mains de femmes en situation d’exil, se mêlent aux œuvres personnelles de l’artiste.
  • Chaque pièce raconte une histoire, un arrachement, une reconstruction. On y lit des mots cousus, des motifs venus d’ailleurs, des couleurs qui parlent de mémoire.
  • « Ce sont des fragments de vie, brodés dans le silence, à l’abri du bruit du monde », confie à l'Essentiel Montpellier Christine Masduraud. L’espace devient alors un lieu de passage, entre ici et là-bas, à la fois intime et universel. Ici, l’art ne crie pas. Il chuchote, il relie.

La toile de fond

  • Psychanalyste et artiste, Christine Masduraud tisse depuis plus de 10 ans une œuvre où le textile devient langage. Avec l’association B comme Bombyx, elle a imaginé des ateliers de broderie pour des femmes réfugiées ou demandeuses d’asile.
  • « La broderie est un geste ancestral, réparateur. Elle permet de se réapproprier son histoire, de la raconter autrement », explique-t-elle. De ces ateliers sont nées des œuvres collectives, mais aussi une réflexion profonde sur l’exil, la transmission et la résilience.
  • L’exposition est le fruit de cette alchimie : un projet artistique à forte dimension sociale, qui fait dialoguer les parcours migratoires avec les enjeux contemporains.
  • « Là où commence la mue, c’est là où l’on commence à se transformer, à se reconstruire », dit-elle encore. À travers ce travail, Christine Masduraud poursuit son engagement contre les violences faites aux femmes, et rappelle que l’art peut être un refuge, un pont, une voix.
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