Jeudi 3 juillet
La Maison Bernadas, la plus ancienne boutique de l'Écusson
Rédigé par David Pagès
La Maison Bernadas a traversé les époques avant d'être rachetée cette année (crédit : Dou Bochi).
Au bas de la rue Saint-Guilhem, la Maison Bernadas et ses 156 ans de... boutique joue les prolongations malgré son rachat cette année par la marque Dou Bochi.
Un peu d'histoire
- Fondée en 1869, elle a traversé les époques grâce à 4 générations d’une même famille. À l’origine, l’arrière-grand-père de Catherine Bancarel y fabriquait des tamis et des tambourins. Ce n’est que plus tard que ses descendants se sont tournés vers le linge de maison et la confection.
- Catherine Bancarel, embauchée en 1983, a repris la gérance en 2004 après le décès de son oncle Jacques Couget-Bernadas. Elle se souvient : « Le magasin, c’était tout pour lui. Il avait même gardé des piles de factures comme un mausolée ».
- Malgré les évolutions, la boutique est restée fidèle à son charme d’antan, avec ses vitrines en bois, ses bars au sol et ses inscriptions murales.
- Surnommée autrefois le fouillis, la Maison Bernadas était réputée pour la qualité de ses produits. Jacques, exigeant, veillait à ce que rien ne soit déplacé. Catherine, quant à elle, portée par les anciennes générations, a su moderniser sans trahir l’esprit du lieu.
Et après ?
- Le 17 mai, la boutique a officiellement changé de mains. Le fonds de commerce a été racheté par Dou Bochi, une marque fondée par des créateurs venus d’Arles.
- Parmi eux, David Garcia, qui raconte : « Ce n’est pas nous qui avons choisi cette boutique mais c’est la boutique qui nous a choisis. Ce fut un coup de foudre. »
- L’équipe de Dou Bochi entend préserver l’âme du lieu tout en y insufflant une nouvelle énergie. Bien qu'aujourd'hui à la retraite, Catherine Bancarel continue d’y travailler, assurant une transition en douceur.
- « Nous continuons à distribuer Armor Lux mais aussi notre propre marque. On travaille le lin, le coton dans l'esprit de la Camargue. Quasiment tout est fabriqué à Arles, avec des couturières montpelliéraines, arlésiennes et avignonnaises », précise David Garcia.