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Jeudi 11 septembre

La statue de Saint-Roch porte le visage de... Frédéric Bazille

Rédigé par David Pagès
La statue de Saint-Roch réalisée par Auguste Baussan (crédit : David Pagès).

Située dans l'église éponyme, elle rend en quelque sorte hommage au célèbre peintre montpelliérain Frédéric Bazille. On vous dit tout.

De quoi parle-t-on ?

  • En entrant dans cet incontournable édifice religieux de la ville, on découvre une imposante statue du saint, réalisée en 1884 par Auguste Baussan, surnommé le Michel-Ange montpelliérain.
  • Ce chef-d’œuvre néogothique, situé dans la nef, montre Saint-Roch en pèlerin avec son chien. Mais son visage intrigue : il s’agit de celui du peintre Frédéric Bazille.
  • Charles Jamme, administrateur de la paroisse et ami de l'artiste, propose à Auguste Baussan de lui prêter les traits du saint. Une idée audacieuse, car Frédéric Bazille était protestant.
  • Avec l’accord de Camille Bazille, mère du peintre, le projet voit le jour. Le visage de l'artiste devient celui de Saint-Roch, unissant 2 figures montpelliéraines.

Un peu d'histoire

  • Ce choix artistique rend hommage à un jeune homme disparu trop tôt et symbolise une réconciliation religieuse dans une ville marquée par le protestantisme.
  • Mort à 29 ans pendant la guerre franco-prussienne, Frédéric Bazille incarne le talent et le sacrifice. Son visage sur un saint catholique devient un symbole d’unité.
  • Inaugurée en 1894, la statue dépasse la simple dévotion : elle relie art, foi et mémoire locale. Auguste Baussan, proche de Frédéric Bazille, y insuffle une émotion personnelle.
  • Le saint, regard levé, main ouverte, semble habité par l’âme du peintre, figée dans le marbre pour l’éternité.

Qui est-il ?

  • Né à Montpellier en 1841 dans une famille protestante aisée, Frédéric Bazille abandonne la médecine pour la peinture et rejoint Paris en 1862.
  • Il fréquente l’atelier de Charles Gleyre, où il se lie avec Monet, Renoir et Sisley. Ensemble, ils posent les bases de l’impressionnisme.
  • En 8 ans, il peint une soixantaine d’œuvres, soutenu par sa famille. Il représente des scènes lumineuses du Midi et des compositions audacieuses.
  • Engagé en 1870, il meurt au combat à Beaune-la-Rolande. Son père ramène son corps à Montpellier. Sa tombe, sculptée par Auguste Baussan, repose au cimetière protestant, non loin de l’église où son visage veille à jamais.
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