Lundi 27 octobre
Un patrimoine funéraire unique 🪦
Rédigé par David Pagès
Ce buste de Frédéric Bazille a été sculpté par Auguste Baussan (crédit : Gwen Saulnier).
Le Cimetière protestant de Montpellier incarne à la fois l’histoire religieuse de la ville, la mémoire de figures locales et la préservation d’un héritage mortuaire toujours en activité.
Un peu d'histoire
- « Autrefois, on enterrait les protestants dans les caves, les jardins ou les propriétés gardoises », confie à l'Essentiel Montpellier Jean-Marie Lebrun, le responsable des lieux.
- Fondé en 1809 à la suite du Concordat napoléonien, le cimetière protestant demeure aujourd’hui, entre l'avenue de Palavas et les boulevards de Strasbourg et d'Orient, la plus ancienne nécropole encore active de Montpellier.
- Ses agrandissements successifs au XIXᵉ siècle et l’édification d’une chapelle en font un témoin privilégié de l’histoire funéraire de la ville.
- Ce lieu de recueillement, où les cyprès, si hauts, semblent être les gardiens de cet entre terre et ciel, « sert également de décor à certaines scènes de la série Un si grand soleil », s'enthousiasme Jean-Marie Lebrun.
Qu'y trouver ?
- Le site compte près de 1 700 concessions. « Beaucoup venaient à Montpellier pour se soigner de la phtisie, mais nombre d’entre eux y ont trouvé la mort », confie Jean-Marie Lebrun.
- On y croise les sépultures du peintre Frédéric Bazille, dont le tombeau fait l’objet d’une restauration, de la mère de l’inventeur du Zeppelin Amélie Macaire, du peintre Max Leenhardt et de l'ancien maire Jules Pagezy, « considéré comme l'Haussmann du Clapas ».
- Ce cimetière rassemble aussi de nombreuses familles protestantes, commerçants, médecins, enseignants, mais également des dépouilles venues d’autres horizons.
La toile de fond
- Privé et confessionnel, le cimetière est administré par l’Église protestante, ce qui en fait l’un des rares cimetières urbains privés de France.
- La commission en charge de sa gestion, composée de 7 bénévoles, veille à la préservation d'un site ouvert au public tous les jours de la semaine (8h - 17h) et à l’entretien de ses 134 espèces végétales.
- Les concessionnaires s’acquittent d’une redevance annuelle permettant notamment de rémunérer l’unique jardinier.
- « Nous veillons à conserver les enclos, à redresser les sépultures et à maintenir l’harmonie du lieu », souligne Jean-Marie Lebrun, soucieux d’allier activité funéraire et sauvegarde patrimoniale.
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