Mardi 10 février
Sous la toile du peintre montpelliérain Frédéric Bazille se cache une 2e œuvre
Rédigé par David Pagès
Sous cette toile "Ruth et Booz" se cache "La Jeune fille au piano" (crédit : Musée Fabre / Frédéric Jaulmes).
Exposée au musée Fabre, la toile religieuse de Ruth et Booz (1870) signée Frédéric Bazille cache une autre composition du célèbre peintre montpelliérain. Décryptage.
Dans les coulisses
- En 2015, une radiographie du tableau révèle une surprise de taille : sous ce testament artistique de l'impressionniste se dissimule une œuvre que l’on croyait perdue depuis plus d’1 siècle.
- Imaginez la scène : des conservateurs concentrés, des faisceaux de rayons X, et soudain, l’apparition d’une silhouette oubliée. En préparant l’exposition Frédéric Bazille, la jeunesse de l’impressionnisme, les équipes du musée Fabre et du musée d’Orsay passent les toiles au crible.
- Sous Ruth et Booz, œuvre inachevée de 1870, surgit une composition enfouie : La Jeune fille au piano, tableau refusé au Salon de 1866.
- Frédéric Bazille, jeune peintre montpelliérain, y représentait une scène intime et moderne : une jeune fille jouant du piano, observée par un homme alangui sur un canapé.
- Trop audacieux pour l’époque, l’œuvre est recalée. Frédéric Bazille, pragmatique et fauché, recycle la toile pour un sujet plus académique. Ironie du sort, c’est ce recyclage qui, 150 ans plus tard, a redonné vie à son tableau perdu.
Le détail
- Ce n’est pas tout : un dessin acquis il y a une dizaine d'année par le musée Fabre montre l’homme allongé du tableau disparu, confirmant l’hypothèse.
- Et la robe verte de la pianiste ? Elle réapparaît dans un portrait de Camille Doncieux, 1re épouse et muse de Claude Monet, réalisé dans le même atelier que Frédéric Bazille.
- Les 2 amis partageaient alors pinceaux, modèles… et tissus satinés. « J’ai choisi l’époque moderne, parce que c’est elle que je comprends le mieux », écrivait le peintre montpelliérain.
- Une modernité qui, bien que boudée de son vivant, éclaire aujourd’hui d’un jour nouveau l’œuvre de ce pionnier impressionniste. Comme quoi, même sous une couche de peinture, la vérité finit toujours par refaire surface.
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