Gilbert Rieu, président de Que Choisir Ensemble Montpellier : « Isolé, le consommateur subit, organisé, il peut peser »
L'association de consommateurs UFC Que Choisir est devenue il y a quelques jours Que Choisir Ensemble. Un changement de nom, mais surtout une nouvelle manière d’agir, plus collective. Gilbert Rieu, président de l’antenne locale Que Choisir Ensemble Montpellier (1 600 adhérents et 70 bénévoles), détaille les raisons de cette évolution.
Pourquoi changer de nom aujourd’hui ?
« Ce n’est pas qu’un changement de nom, c’est une réflexion engagée depuis plusieurs années. On fait face à des évolutions très fortes des modes de consommation. »
« Aujourd’hui, les consommateurs se sentent impuissants face au système : les prix, les abus, les plateformes, les contrats... tout devient plus opaque. Il y a aussi une tension entre le choix responsable et le choix abordable. Nous défendons une consommation plus raisonnée, mais elle peut coûter plus cher. »
« Il faut réussir à réconcilier l’intérêt individuel et l'intérêt collectif. Avec Que Choisir Ensemble, on veut aller plus loin : ne plus seulement aider à bien choisir, mais agir sur le système lui-même. »
Qu’est-ce que cela change pour les consommateurs ?
« Concrètement, nos missions restent les mêmes : informer, accompagner, défendre. Mais on veut être plus ouverts et plus visibles. À Montpellier et Lunel, avec Que Choisir Ensemble Montpellier, on accueille les consommateurs du lundi au vendredi avec 2 conseillers par demi-journée. »
« En 2025, on a traité 1 598 litiges, dans des domaines très variés : banques, logement, santé, commerce… On enquête aussi chaque année auprès de 100 à 200 professionnels. Mais il faut qu’on élargisse notre public. »
« Aujourd’hui, son âge moyen est de 69 ans, alors que celui des consommateurs est autour de 42 ans. On veut aller chercher ces publics-là et mieux répondre à leurs attentes, notamment sur des sujets comme le logement, où on est désormais très engagés. »
Peut-on peser face aux grandes entreprises ?
« Oui, mais à condition de ne pas rester seul. Le consommateur isolé est démuni, c’est une réalité. Nous, on agit très rapidement. Par exemple avec les banques, on leur dit : Soit vous trouvez une solution, soit on engage une procédure. On s’appuie aussi sur des avocats.
« Mais surtout, notre force, c’est le collectif. Quand on est organisé localement, nationalement et même au niveau européen, on a une vraie capacité d’action. »
« On l’a vu sur des dossiers concrets, y compris dans l’Hérault. L’idée, c’est vraiment ça : seul on subit, ensemble, on peut peser et faire évoluer les choses. »
Nos lecteurs ont aussi lu :
Lire la dernière édition de l'Essentiel Montpellier