Dear Valid People : Damien Fargeout, le portrait d'un homme qui déconstruit les clichés avec humour
Fondateur de l’association Dear Valid People, le Montpelliérain fait du handicap un sujet visible, politique, et profondément fédérateur.
Bio express
Damien Fargeout a grandi en Dordogne, entre campagne et parties de jeux vidéo. Spyro, Resident Evil, Dead Space… autant de mondes parallèles qui nourrissent son rêve : « Devenir game designer ».
À 17 ans, on lui diagnostique une ataxie de Freidreich, une maladie neurogénétique évolutive qui le mène à utiliser un fauteuil roulant. Loin de le freiner, son handicap donne une autre direction à ses projets.
Après un bac S, il intègre un DUT MMI (Métiers du multimédia et de l'internet) à Angoulême, puis s’installe à Montpellier pour suivre une licence pro et un master en jeux vidéo à l’Université Paul-Valéry.
Croiser les regards
Damien Fargeout se spécialise dans l’accessibilité des jeux vidéo, un domaine peu exploré. « Cela concerne le matériel adapté (hardware), l’ergonomie des jeux (software), mais aussi la représentation des personnes handicapées dans les jeux », explique-t-il.
En 2021, il rejoint pendant 1 an la startup Be Player One, spécialisée dans l’inclusion numérique, puis s’oriente vers l’enseignement à l’Institut de l’Internet et du multimédia (IIM) de Nanterre où il forme les futurs professionnels du secteur.
Véritable touche-à-tout, il explore en parallèle un autre terrain de jeu : la scène. Improvisation, clown, puis aujourd’hui stand-up : « Je parle de handicap ; je cherche à faire rire les gens sur ce sujet, tout en restant juste et en leur apprenant des choses. »
En 2019, il lance une émission sur Radio FM PLUS : Dear Valid People. Plus de 100 épisodes plus tard, elle devient une association à part entière, avec une mission : déconstruire le validisme.
Et après ?
Damien Fargeout est à l’initiative de la 1re édition du HandiFest organisée le mois dernier à la Halle Tropisme. « On voulait un événement festif, inclusif, mais aussi avec une dimension politique », confie-t-il.
Conférences, ateliers, musique : une journée pour faire exister autrement le handicap dans l’espace public. « Le handicap, ce n’est pas juste une case à cocher sur un formulaire d’accessibilité, déclare le Montpelliérain. C’est un sujet qui nous concerne toutes et tous ».
Pour la suite, il ne manque pas d’idées : organisation de cercles de parole dans les Maisons pour tous, projets artistiques, conférences...
À travers son association, ses formations, son humour et ses convictions, Damien Fargeout redonne au mot validité une tout autre définition : celle qu’on choisit soi-même, librement.
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