Les confidences de Delphine Le Turioner sur son métier à l'ICM
À l’Institut du Cancer de Montpellier (ICM), la patiente partenaire accompagnatrice a fait de son expérience un partage au quotidien.
Bio express
Delphine Le Turioner, aujourd’hui engagée à l’ICM, a transformé son parcours personnel en mission collective. Née à Bordeaux, elle grandit en Afrique avant de s’installer à Montpellier à l’adolescence.
Étudiante à l’Université Paul-Valéry, elle y obtient une double maîtrise en Communication - Sciences du langage et en Français langue étrangère. Très vite, elle enseigne à l’Alliance Française, puis dans une classe préparatoire aux métiers médicaux et paramédicaux.
À 40 ans, sa vie bascule : un mélanome, suivi de récidives, l’oblige à affronter un long parcours de soins. « Je suis alors suivie par le docteur Guillot, raconte-t-elle. Avec l’équipe médicale de l’hôpital Saint-Éloi, il met en place une thérapie orale ciblée. »
Cette épreuve devient le point de départ d’un engagement nouveau.
De la pédagogie à l’accompagnement
Un jour, son médecin lui propose de témoigner devant des soignants sur cette thérapie orale ciblée. Ce 1er pas la conduit à s’impliquer comme bénévole, en tant que personne-ressource auprès de patients.
« De par mon métier, j’étais pédagogue, j’aimais expliquer. Ce professeur m’a alors proposé de devenir patiente-partenaire en oncologie, une spécialité médicale qui s’occupe du diagnostic, du traitement et du suivi des cancers », précise-t-elle.
Elle suit alors une formation en Éducation thérapeutique du patient (ETP) à la Faculté de médecine, un domaine encore peu exploré. Forte de cette nouvelle compétence, elle intègre l’ICM, où elle exerce depuis 3 ans, après avoir participé à une expérimentation financée par l’ARS Occitanie.
Au service des autres
Dans son rôle de patiente-partenaire, Delphine Le Turioner accompagne aujourd’hui des adultes de 18 à 99 ans. Elle met à profit son vécu pour mieux comprendre les effets secondaires des traitements, les bouleversements dans la vie intime, les doutes et les peurs.
La Montpelliéraine - qui sera par ailleurs présente ces vendredi et samedi à Futurapolis Santé -, se réjouit d’avoir développé une écoute attentive, une empathie profonde et une capacité à valoriser les parcours de chacun.
Pour elle, ce « savoir expérientiel » est une richesse précieuse, mais elle insiste, en guise de conclusion : « Pour pouvoir aider les autres, il faut d’abord avoir fait son propre chemin de résilience. »
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