Le portrait : Patricia Carette, l'art de tendre la main ️
Ancienne libraire, militante sociale et figure de la culture en Occitanie, la Montpelliéraine n'a cessé de mettre l’humain au cœur de ses innombrables actions.
Bio express
Née à Paris en 1953, Patricia Carette s’installe à Montpellier dans les années 1980, séduite par « ces magnolias qui m’enchantaient ». Libraire au tout départ, elle fonde La Page Blanche, une librairie indépendante qu’elle dirige jusqu’en 1992.
« Je suis une lectrice compulsive », confie-t-elle, passionnée par la littérature du XIXe siècle autant que par les auteurs contemporains.
Après un passage au Centre régional des lettres, Patricia Carette bifurque vers le social, portée par les urgences de l’époque : « On arrivait dans les années Sida, j’avais très envie de m’engager auprès des familles démunies. »
Elle crée alors l’association Via Voltaire, qu’elle dirigera pendant 25 ans. Aujourd’hui, elle préside le Frac Occitanie Montpellier et co-préside le réseau national Platform. « Je crois beaucoup à la méritocratie. J’ai adoré travailler, j’adore toujours », glisse la Montpelliéraine.
Son engagement social
Patricia Carette n’a jamais dissocié l’humain de ses engagements : « Il n’y a qu’une chose qui m’intéresse profondément, c’est l’autre. »
Infirmière de formation, elle participe à la création du service de néonatologie du CHU de Montpellier avant de se consacrer à la lutte contre les violences conjugales et intrafamiliales.
Via Voltaire devient une clinique de la précarité, avec plus de 50 salariés et des missions transversales. « L’art peut être un facteur de réassurance, d’émancipation, de pensée et de bien-être », affirme-t-elle. Pour elle, culture et social ne s’opposent pas, ils se complètent.
« Plus on croise les disciplines, plus on avance dans la connaissance de soi. » Son engagement lui a valu d’être décorée des insignes de Chevalier de l’Ordre national du mérite en 2024.
Une femme de culture
À la tête du Frac Occitanie Montpellier, Patricia Carette défend une vision démocratique de l’art. « Le grand public pense que c’est une fondation, alors que c’est un Fonds régional d’art contemporain. »
Avec 1 400 œuvres, le Frac a pour mission de constituer une collection et de la diffuser sur tout le territoire. « Favoriser l’accès à l’art pour les plus jeunes, les sensibiliser, les amener à regarder avec un œil vif. »
Collectionneuse passionnée, elle aime autant les artistes consacrés comme Dominique Gauthier que les talents émergents comme Nicolas Daubanes. Elle milite pour une culture accessible. « Elle doit être un lien, un trait d’union entre les êtres. C’est mon credo. »
En 2022, elle est faite Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Une reconnaissance méritée pour une femme qui n’a jamais cessé de croire en la force transformatrice de l’art et de l’engagement. Aujourd’hui encore, elle continue d’inspirer par sa foi inébranlable en l’humain.
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