Jérémy Azencott, l’art de transmettre le jeu
Comédien pendant plus de 20 ans, le Montpelliérain a troqué les plateaux pour la pédagogie. Il dirige depuis 2021 Le Quatrième Mur, une école pour acteurs où il transmet bien plus qu’un métier : une manière d’être au monde.
Bio express
Né à Montpellier en 1983, passé par le lycée Clemenceau, Jérémy Azencott suit d’abord une voie scientifique, décrochant un bac S « de justesse », au point d’en faire encore des cauchemars de chimie.
Le déclic surgit presque par accident. Adolescent, il dévore les cassettes VHS louées avec ses frères, « 3 films d’affilée le mercredi », fasciné par un cinéma populaire, notamment celui de Van Damme. Mais devenir acteur ? Impensable...
Jusqu’à cette visite d’une école de cinéma à Paris : « J’ai vu une actrice jouer et je me suis dit : en fait, c’est possible. » Un stage au célèbre Cours Florent achève de le convaincre : « C’était du lâcher-prise, un terrain de jeu. Je me suis régalé. » Il part à 17 ans, y restera 17 ans.
De comédien...
Sur les plateaux, il apprend le métier à force de rôles et d’observations. Silhouettes, 2nds rôles, mafieux corse dans Mafiosa, films comme Le Dernier Gang : « J’ai tout fait. »
Mais c’est un court-métrage de Cédric Prévost, Alter Ego, qui marque un tournant. « Avant, j’essayais de bien faire. Là, j’ai compris qu’il fallait préparer… puis se faire confiance. » Une leçon qu’il n’oubliera jamais.
Autre souvenir fondateur : sur un tournage, Vincent Elbaz prend sa défense après une prise ratée. « Il m’a couvert. 20 ans après, je m’en souviens encore. » Pour Jérémy Azencott, tout est là : « Les plus grands n’ont pas besoin d’écraser les autres. »
Une vision du métier qu’il oppose à « la peur et au mauvais esprit » qu’il a parfois croisés.
... À directeur
C’est à Montpellier en 2017 qu’il a choisi de poser ses valises, pour fonder une famille et transmettre. À la tête de son école pour acteurs Le Quatrième Mur depuis 2021, il accompagne une cinquantaine d’élèves.
« Je préfère mille fois la pédagogie au jeu. » Ici, pas de compétition malsaine : « Je veux qu’ils soient meilleurs qu’eux-mêmes, pas meilleurs que le voisin. » Il enseigne autant une technique qu’un état d’esprit, fait de rigueur, de confiance et d’humilité.
Jusqu’à pousser l’exigence dans des exercices redoutables - monologues en plan-séquence face caméra, « sans triche ». En parallèle, il développe une compagnie, une agence artistique et un projet ambitieux : ramener le public au théâtre en empruntant les codes des séries avec S(C)éries QM.
« Les gens ne vont plus au théâtre ? Alors faisons une série… sur scène. » Une manière, fidèle à son parcours, de briser les murs - même les plus invisibles.
Nos lecteurs ont aussi lu :
Lire la dernière édition de l'Essentiel Montpellier