"Rendez-vous chez mon psy" : Les confidences de la psychologue montpelliéraine Frédérique Ayé
Filmer des séances de psychothérapie, sans script ni oreillette, c'est le concept de l'émission Rendez-vous chez le psy, diffusée dès le 6 octobre sur France 2. Chaque épisode est le témoignage d’une séance réelle entre un patient et un professionnel de la santé mentale. l'Essentiel Montpellier est allé à la rencontre de la Montpelliéraine Frédérique Ayé, l'une des psychologues de l'émission, qui raconte ce tournage hors normes.
Quel est votre parcours ?
« J’ai un parcours assez ancré à Montpellier, où j’ai exercé dans différentes structures. Je suis spécialisée en victimologie, ce qui m’a amenée à intervenir dans des associations d’aide aux victimes. »
« J’ai également mené des recherches en faculté, à la croisée du droit et de la médecine, notamment sur les atteintes au VIH et les symptômes psychologiques associés. J'ai travaillé pour cela auprès de l'association Envie. Une personne atteinte du VIH développe les mêmes signes de traumatisme qu'une victime. »
« Depuis 2021, je suis en libéral à Montpellier. Mon approche est centrée sur le trauma : on cible les événements marquants sans forcément retracer toute la vie du patient. »
Quel est l’intérêt de cette émission pour le public ?
« Ce programme est une opportunité de briser le silence autour de la santé mentale. Il montre que tout le monde peut, à un moment donné, être confronté à une difficulté psychologique. Les patients suivis dans l’émission ont des problématiques universelles, qui peuvent toucher chacun de nous. »
« Le fait de voir des séances réelles, sans script ni oreillette, permet de comprendre ce qu’est vraiment une thérapie. Cela peut aider à déstigmatiser la démarche de consulter un psychologue. On montre que parler, c’est déjà commencer à se soigner. »
« Le programme est respectueux, pudique, et met en lumière la complexité du cheminement intérieur. Il ouvre une porte sur un espace souvent privé, voire tabou, et permet au public de mieux comprendre ce qui se joue dans un cabinet de psychologue. »
Comment avez-vous vécu le tournage ?
« Au départ, c’est vrai que l’idée d’être filmée pouvait être intimidante. Mais les caméras étaient dissimulées dans le décor, et très vite, on les oublie. Les entretiens duraient 1 heure, comme une vraie séance. »
« Les patients étaient volontaires, mais nous ne les connaissions pas à l’avance : c’est la production qui les avait recrutés. On a commencé les thérapies comme on le ferait en cabinet. »
« Le casting était bien choisi, avec des personnes ayant des problématiques qui peuvent toucher tout le monde à un moment donné de la vie. Nous avons suivi 3 patients et 1 seul a été sélectionné pour l’émission. »
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