Vendredi 22 mai
Un séminaire sur la précarité étudiante à Paul-Valéry
Rédigé par David Pagès
Chez certains étudiants, "les nuits sont aussi courtes que les ressources" (crédit : Adobe Stock).
Un séminaire ouvert au public se penchera ce soir à partir de 18h30, sur le site Saint-Charles 2 de l'Université Paul-Valéry, sur les liens entre précarité étudiante, insomnie et santé mentale.
Ce qu'il faut savoir
- Intitulé Précarité étudiante : les nuits aussi courtes que les ressources, il est organisé par l'Institut pour la compréhension, l'anticipation et l'intervention en environnement et santé globale (Icares).
- Ouverte au grand public sur inscription, cette rencontre en entrée libre donnera la parole à Sophie Bayard, maîtresse de conférences à l’Université Paul-Valéry et chercheuse au laboratoire Epsylon.
- Au cœur des échanges : les 1ers résultats du projet PRISM-E, consacré aux liens entre précarité, insomnie et santé mentale chez les étudiants. « Et si la 1re alerte n’était ni visible ni déclarée, mais se jouait la nuit ? », interroge Sophie Bayard.
- Le séminaire abordera les conséquences du manque de sommeil sur l’anxiété, la concentration et la réussite universitaire, mais aussi les pistes d’action possibles pour les établissements et les services de santé.
La toile de fond
- L’étude, menée avec l’Université de Toulouse Jean-Jaurès, l’Université de Nîmes et l’École nationale supérieure d’architecture de Montpellier, s’appuie sur les témoignages de 346 étudiants de Paul-Valéry.
- Conditions de vie, logement, santé mentale, sommeil ou rapport aux études : plusieurs dimensions ont été analysées. Les 1ers résultats mettent en évidence « un mécanisme en cascade » : la précarité fragilise le sommeil, qui alimente ensuite anxiété et difficultés cognitives.
- « Le sommeil reste aujourd’hui l’un des grands oubliés des actions de prévention sur les campus », souligne Sophie Bayard.
- Selon les chercheurs, mieux repérer et traiter l’insomnie pourrait devenir « un levier concret » pour améliorer la santé mentale et limiter l’échec universitaire. 2 publications scientifiques sont actuellement en préparation.
En chiffres
- À Montpellier, la situation étudiante continue de se dégrader selon des chiffres de l’association 1cabaspour1étudiant donnés en début d'année. 23 200 étudiants vivent en effet aujourd’hui sous le seuil de pauvreté dans la métropole.
- 2 étudiants sur 3 déclarent avoir déjà sauté un repas faute d’argent. Près de 27 % peinent à régler leur loyer ou leurs charges, tandis que 49 % disposent de moins de 100 € par mois une fois le logement payé.
- Dans ce contexte, les chercheurs alertent sur « une précarité désormais structurelle », qui pèse directement sur la santé mentale et les conditions d’études.
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