Jeudi 18 décembre
Tout savoir sur les microalgues
Rédigé par Chloé Chamouton
Les photobioréacteurs permettent la production en environnement clos de microalgues (crédit : Adobe Stock).
Dans le cadre de l'Année de la Mer, l'Ifremer et Presse Océan ont lancé un cycle de conférences à la fois décalées et sérieuses intitulées "Écoute ta mer" autour de l'océan, organisées dans un lieu différent. La 2e rencontre a lieu ce soir sur le thème des microalgues.
De quoi parle-t-on ?
- « Je suis chercheur à l'Ifremer et je travaille sur les microalgues depuis 2006 », explique Bruno Saint-Jean, présent ce soir pour ce nouvel échange avec 2 autres collègues Gaël Bougaran et Grégory Carrier pour aborder ce sujet.
- Ces organismes microscopiques que l'on trouve aussi bien dans les océans que dans les eaux douces, s'avèrent fascinants : « ils sont âgés de trois milliards et demi d’années et présentent une diversité de formes et de métabolismes, ils sont capables de produire des molécules originales à l'instar des acides gras Oméga 3 que l’on retrouve dans le poisson comme le saumon. Et ils déclinent une variété de couleurs, sources de pigments et d'antioxydants ».
- Par ailleurs, ces microalgues jouent un rôle fondamental pour l'environnement. « Elles représentent 50 % de l'air que l'on respire et participent à la préservation de la planète au même titre que les forêts primaires. »
- S'il en existe entre 200 000 et 1 million d'espèces différentes dans le monde, leur potentiel n'est que partiellement exploité puisque les laboratoires répartis dans le monde entier ne travaillent que sur une trentaine d'espèces.
Pourquoi c'est important
- Les recherches menées par les 3 scientifiques de l'Ifremer portent notamment sur l'amélioration génétique de ces organismes, qui en est à ses balbutiements, contrairement à celle des cultures céréalières comme le blé ou le maïs. « Actuellement, nous restons sur des souches dites sauvages. »
- « Notre équipe a été sollicitée initialement dans le cadre de la fabrication de biocarburants suite aux chocs pétroliers pour multiplier la production de lipides dans les algues. » En tant que réservoirs de molécules diverses, leurs applications sont variées.
- « Notre objectif, est de développer et d’appliquer des programmes de sélection génétique afin d’améliorer les performances des microalgues et de les rendre économiquement viables pour différents débouchés : santé, cosmétique, alimentation. »
- Parmi les projets en cours figurent entre autres, l'optimisation de production d'anticorps pour être utilisés en immunothérapie contre certaines formes de cancers.
- « Nous nous intéressons également aux algues qui produisent des toxines rendant les coquillages impropres à la consommation pour tenter de les valoriser dans du biocontrôle. Il s'agit de voir si elles peuvent remplacer des molécules chimiques dans le domaine agricole pour traiter le mildiou dans les vignes par exemple. »
En coulisses
- Sous forme ludique et interactive, ces conférences sur l'océan doivent inciter les participants à poser toutes leurs questions aux chercheurs dans un environnement convivial et détendu.
- « L'un des grands enjeux également, c'est de sortir la science des laboratoires, de la remettre au cœur de l'espace populaire pour recréer un climat de confiance. L'une de nos missions réside dans le partage et la transmission de nos connaissances », souligne Faustine Vercher, chargée de communication au Centre Atlantique de l'Ifremer à Nantes.
Y aller : 19h, au Jack Corner’s pub & food, 2, rue de la Baclerie à Nantes. Gratuit sur réservation.
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