Mercredi 18 février
Forêt Rouge, un autre regard sur Notre-Dame-des-Landes
Rédigé par Chloé Chamouton
Le documentaire met en avant l'attachement d'une communauté au vivant (crédit : Forêt Rouge).
Réalisé par Laurie Lassalle, ce documentaire livre une vision poétique de la ZAD après l'abandon du projet d'aéroport, faisant de la forêt de Rohanne le personnage principal, à la fois laboratoire de vie, territoire de lutte et promesse d'avenir. Il est projeté ce soir à 20h au cinéma le Beaulieu à Bouguenais. Entretien.
Comment l'idée est-elle venue ?
- « Au départ, je cherchais des lieux collectifs en France où les personnes construisent leur autonomie. Je suis partie avec ma caméra et mon sac à dos. Quand je suis arrivée à Notre-Dame-des-Landes, j'ai décidé de me concentrer sur ce territoire car il s'agissait de la plus grande zone à défendre. Plus qu'un lieu à habiter, j'y ai découvert une communauté avec des personnes déterminées à vivre autrement. »
- « J'y suis restée plusieurs années, aux côtés d'un petit groupe que j'ai filmé, j'ai tourné entre 2017 et 2019, et j'y suis revenue de 2020 à 2022. Il y a des liens qui se créent. »
- « J'avais cette envie d'être en immersion pour être à côté des corps, me mettre dans un temps long, pouvoir saisir des détails, montrer les métamorphoses de la forêt au fil des saisons, retranscrire les sons, les bruits. Pour moi, le documentaire consiste à archiver des gestes, des paroles, des mémoires, des rituels de façon anthropologique et ethnographique. »
Le film montre un angle empreint de douceur, presque mythologique de la ZAD alors que c'est un territoire de lutte. C'était une volonté ?
- « Oui, je voulais prendre le contrepoint de l'image stigmatisée répandue par certains médias, montrer une autre dimension, celle du soin et de l'imaginaire. »
- « Ce n'est pas un film sur la forêt mais depuis la forêt, qui devient l'entité principale. Avec la monteuse Nina Khada, nous lisions toutes les 2 l'ouvrage les Guérillères au moment du montage, ce qui nous a inspiré la structure du film en 3 parties, avec tout d'abord une 1re partie qui raconte le monde utopique, puis les expulsions avec la forêt comme champ de bataille, zone de résistance et enfin, la guérison ou du moins la réparation. »
Quels sont les éléments qui vous ont le plus marquée ?
- « La force du collectif est impressionnante et très organisée. Ce sont des personnes qui forgent leur autonomie de la graine à la charpente, avec une grande connaissance du vivant, une expertise de la biodiversité. Il y a d'ailleurs beaucoup de naturalistes sur la zone. »
- « Je voulais montrer cet attachement à la nature, qui est très peu représenté lorsqu'on évoque Notre-Dame-des-Landes. »
- « Ce qui m'a marquée également, ce sont les savoirs-faire traditionnels qui sont réinterprétés, il ne s'agit pas d'une vision passéiste mais d'une réappropriation de pratiques qui font sens avec une maîtrise des gestes : débardage à cheval, bûcheronnage, construction de charpentes...»
À savoir : Le film est également diffusé jeudi à 20h30 au cinéma le Montagnard à la Montagne et ce vendredi à 20h30 au cinéma Le Lutétia à Saint-Herblain.
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