Mardi 16 décembre
Une production nantaise sur grand écran
Rédigé par Chloé Chamouton
Le film aborde les thèmes du désir et du patriarcat (crédit : GOF).
La fiction Que ma volonté soit faite réalisée par la franco-polonaise Julia Kowalski est le 1er long-métrage produit par la Nantaise Estelle Robin-You avec Grande Ourse Films. Sorti le 3 décembre 2025, il est projeté ce soir à 20h30 au Cinématographe en présence de l'équipe.
Quelle est la genèse du projet ?
- « Avec Julia qui est née sur le territoire ligérien aux Sables d'Olonne, nous nous sommes connues il y a 20 ans à Nantes. Elle présentait alors un film de zombies au Blockhaus, une scène nantaise underground. Je me suis rendue à la projection et de là est née une amitié personnelle et professionnelle. À l'époque de ma 1re société Balibari, j'ai produit les documentaires de Julia et lorsqu'elle est partie à Paris, j'ai toujours suivi ses aventures. »
- « En 2016, elle sort son 1er long-métrage, Crache Cœur. Elle commence à développer son projet intitulé à l'origine Sorcière. Elle se lance parallèlement dans un moyen métrage tourné sur pellicule super 16, J'ai vu le visage du diable, une fiction ethno-géographique sur l'exorcisme en Pologne, qui a reçu plusieurs prix. »
- « Je fonde alors Grande Ourse films et on décide de co-produire Sorcière rebaptisé en Que ma volonté soit faite avec Venin films pour trouver des financements. Nous avons bénéficié d'une aide de 200 000 euros de la région Pays de la Loire. »
De quoi parle-t-il ?
- « C'est un film fantastique avec du réalisme sur fond de croyances, sortilèges et voisinage toxique en milieu rural. Julia s'est beaucoup documentée et inspirée du travail de la chercheuse Jeanne Favret-Saada, anthropologue au CNRS. Cette dernière a enquêté pendant 20 ans sur les croyances en sorcellerie dans le bocage mayennais. »
- « Que ma volonté soit faite retrace le parcours de la jeune Nawojka, qui vit avec son père et ses frères, convaincue d’être possédée par le fantôme de sa mère. »
Comment s'est passé le tournage ?
- « Nous avons relevé beaucoup de défis ! Le tournage s'est déroulé en Vendée, près de Saint-Florent-des-Bois, dans le hameau de La Rabotière, en 25 jours particulièrement intenses. »
- « En amont, Julia a visité une soixantaine de fermes. 2 se sont imposées comme une évidence, une déserte qui nous a servi pour les décors et celle de la famille Prouteau qui nous a mis des animaux (des vaches notamment) à disposition et des tracteurs. Aucun animal n'a été maltraité. Nous avons acheté des vaches empaillées, le veau est en latex et nous avons filmé l'endormissement d'une vache lors d'un acte vétérinaire prévu. »
- « Nous avons dû composer avec des conditions climatiques extrêmes dont une tempête alors que nous devions tourner de nuit, en pleine forêt et avec des effets spéciaux. Il a fallu tout réorganiser le planning. »
- « Par ailleurs, les 4 comédiens polonais ont dû apprendre le français très rapidement. Au final, nous sommes très fières, le film a été sélectionné pour la Quinzaine des Cinéastes à Cannes, il a fait plein de festivals et va même sortir en salle aux États-Unis. »
Abonnez-vous gratuitement
Nos lecteurs ont aussi lu :
Abonnez-vous gratuitement
Une info à nous suggérer ?
Contactez-nous
Lire la dernière édition de l'Essentiel Nantes