Mercredi 16 juillet
C'était le 16 juillet, l'effondrement du Pont Maudit à Nantes
Rédigé par Chloé Chamouton
En raison des piles très basses, les mariniers avaient des difficultés à faire passer leurs bateaux (crédit : Nantes étonnante, Stéphane Pajot).
Cet ouvrage nantais, reliant l’île Feydeau à l’île Gloriette et sur lequel circulait le tramway, porte bien son nom. Soumis aux caprices de la Loire, il s'écroule un 16 juillet 1913, ne faisant cependant pas de victimes.
On rembobine
- Cet édifice de la Cité des Ducs est resté dans la mémoire en raison de ses multiples destructions. Un 1er pont Maudit en bois est construit au XVIIIe siècle.
- Il faut rappeler qu'à cette époque, Nantes, surnommée la Venise de l'Ouest se trouve cernée par la Loire et l'Erdre et que les ponts, seules voies d'accès pour se rendre d'une rive à l'autre, subissent la pression des eaux, souvent en crues.
- Le nom de cette construction témoigne de sa dangerosité. Les bateliers se plaignent du « maudit pont » en passant entre ses piliers trop serrés et sous son tablier trop bas.
- Menaçant de tomber en ruines, il est fermé en 1828, et n'est remplacé qu’en 1845 par un pont de pierre à 3 arches de 54 m de longueur, bâti sur un système de pilotis et de grillage.
- Il est utilisé par les piétons, les charrettes puis par le tramway (la 1re ligne est créée en 1879) au fil des décennies. En 1913, le tablier donne des signes de faiblesse, il est fermé en urgence à la circulation.
Ce qui se passe
- 2 jours après les festivités du 14 juillet, qui voient se presser une foule conséquente pour assister aux feux d'artifice, le pont s'écroule dans la Loire, le 16 juillet 1913.
- C'est un spectacle de désolation qui se dévoile aux Nantais. Les rails du tramway se balancent alors dans le vide, au-dessus du bras du fleuve.
- La presse ne parle que d'un blessé léger, un certain M. Paris, lors de la catastrophe et d’un bateau-lavoir endommagé suite à l’effondrement.
Et après
- Après sa destruction, le 5e régiment de génie de l’armée retrousse les manches pour ériger un pont temporaire le plus vite possible tandis que la Première guerre mondiale est sur le point d'éclater.
- En 1919, cet ouvrage métallique est remplacé par un pont en béton composé d’une seule arche.
- En raison de ce matériau solide, sa destruction lors des comblements de la Loire en 1930, s'avère difficile pour les ouvriers, qui doivent s'y prendre à plusieurs reprises pour en venir à bout. Comme le fit l'adage, « maudit un jour, maudit toujours » !
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