Vendredi 6 février
Tout l'univers des faits divers nantais
Rédigé par Chloé Chamouton
Pierre-Marie Hériaud a couvert plus de 500 procès d'assises (crédit : Adobe Stock).
Accompagné d'Emeric Cloche, spécialiste de la littérature policière et criminelle, Pierre-Marie Hériaud, journaliste à Presse Océan en charge de la rubrique faits divers et justice pendant 40 ans et à l'initiative de podcasts sur les grandes affaires criminelles nantaises est l'invité ce jour de l'Observatoire des Médias. Entretien.
Comment en vient-on aux faits divers ?
- « Ce sont les hasards de l'évolution professionnelle. Je suis entré comme journaliste sportif puis on m'a confié la rubrique faits divers. »
- « Je me suis passionné pour le "milieu nantais" et ses histoires incroyables de meurtres, braquages de fourgons, fusillades, blanchiment d'argent, règlements de compte, avec de gros bras qui régnaient dans les années 1970 sur les bars de nuit quai de la Fosse, quartier République et quartier de la Gare. »
- « La 1re attaque de fourgon blindé a lieu en janvier 1979 devant le Carrefour de la Beaujoire à Nantes. Plus de 3,4 millions de francs ont été dérobés. »
- « Parmi les grands noms, on trouve Alain Coëlier qui côtoie le gratin du milieu lyonnais et marseillais. C’est avec l’un de ses lieutenants, Jean-Louis Camérini, qu'il monte à l’été 1987 l’enlèvement en Espagne, à Marbella, de la petite Mélodie Nakachian, la fille de la chanteuse de pop-rock Kimera, alors au sommet de sa gloire. »
- « On peut aussi évoquer Louis Marietti, qui a assassiné sa maîtresse et a disparu par la suite. Tous ces gens là étaient des truands violents, mais il y en a certains avec lesquels j'ai noué des relations de respect. Il y avait un rituel tous les jeudis soirs. Les journalistes, et policiers de la PJ se retrouvaient dans un bar de nuit quartier République aux côtés des voyous nantais, pour boire un verre. »
Pourquoi le fait divers passionne-t-il autant ?
- « Les gens sont poussés par la curiosité, le besoin de savoir, de comprendre ce qui se passe dans leur quartier, leur ville, en somme d'avoir la fin de l'histoire. C'est d'autant plus vrai quand il concerne notre entourage, notre famille, des gens que l'on connaît. C'est parfois ce manque de suivi que je déplore dans le traitement médiatique.»
- « Il n'y a pas que des drames que la presse relate, il y a aussi de belles histoires , comme ces 2 jeunes qui ont escaladé un immeuble en flammes à la Bottière pour sauver une mère et ses 2 enfants. »
- « Le fait divers fait partie entière de notre vie et fait appel à nos émotions. Il peut nous toucher, nous faire peur, nous révolter, il bouleverse nos perceptions. »
Quelles qualités sont nécessaires pour l'écriture ?
- « Il y a 2 choses qui me paraissent essentielles, ne pas prendre pour argent comptant ce que disent les autorités et mener son enquête auprès des proches, et faire preuve d''empathie pour les victimes et un peu pour les accusés. »
- « Je pense qu'il faut mettre de soi pour raconter ces histoires. »
Y aller : 14h30 à 16h, amphi Kernéis, 1rue Bias, Nantes. Accueil à partir de 14h. Ouvert à tous. Entrée 8 €. Gratuit abonnés.
Abonnez-vous gratuitement
Nos lecteurs ont aussi lu :
Abonnez-vous gratuitement
Une info à nous suggérer ?
Contactez-nous
Lire la dernière édition de l'Essentiel Nantes