Mercredi 11 février
Dans l'antre des sorcières au Château des Ducs de Bretagne à Nantes
Rédigé par Chloé Chamouton
Le parcours convoque les grandes magiciennes de l'Antiquité (crédit : Château des Ducs).
Le Château des Ducs de Bretagne se transforme en tanière des sorcières avec une exposition qui leur est consacrée jusqu'au 28 juin. Des visites ont lieu ce jour. Inscriptions ici.
La toile de fond
- Si dans l'imagerie populaire, la sorcière est représentée comme une vieille femme laide, malfaisante, affublée d'un nez crochu, d'un balai et d'un bestiaire répugnant et maudit (crapaud, araignée, chat noir), elle recouvre une réalité plus complexe, loin des clichés qu'on lui associe.
- Dans les faits, le terme désigne pendant plusieurs siècles des femmes bien réelles, qui, à la fin du Moyen Âge, à la Renaissance et à l’époque moderne, ont fait l'objet de persécutions, accusées d’invoquer des forces maléfiques, de s'acoquiner avec le diable lors des sabbats et de jeter des sorts à des innocents, humains et animaux compris.
- Dans une époque troublée de famine et de guerre, la sorcière, bouc émissaire idéal devient alors une victime expiatoire.
- Pourchassées pour ces crimes imaginaires, elles ont subi d’effroyables supplices. Les historiens estiment qu’il y a eu entre 110 000 et 120 000 procès pour sorcellerie en Europe entre 1550 et 1700. Et 60 000 à 90 000 victimes exécutées ou brûlées. Deux tiers d’entre elles étaient des femmes.
- L’Allemagne, la Suisse, la France, l’Italie du Nord, les Pays-Bas, l’Écosse et l’Angleterre ont été au cœur de cette tragédie.
- « L’exposition s’attache à mettre en lumière les racines historiques, sociales et culturelles de la figure de la sorcière, tout en dévoilant les multiples réalités tout autant que les fictions qui ont successivement été projetées sur ce terme », explique le site.
À voir
- Le parcours s’ouvre sur les magiciennes de l’Antiquité, exaltées par les poètes et auteurs anciens, dont les rites et pratiques étaient alors connus de tous.
- Il traverse ensuite les grandes angoisses médiévales, les procès inquisitoriaux, avant de s’attarder sur l’intensification des chasses aux sorcières aux XVIe et XVIIe siècles.
- L’itinéraire mène à la réappropriation contemporaine de l’image de la sorcière, désormais perçue comme une figure de puissance, affranchie de toute connotation démoniaque.
- L'exposition décline 180 documents (objets de culte, gravures, peintures, traités de démonologie) et des dispositifs interactifs et visuels. Parmi les tableaux emblématiques figurent Macbeth et les trois sorcières de Thédore Chassériau ou encore l'œuvre du peintre flamand David Rijckaert III Ronde de farfadets, scène de sabbat.
Les temps forts
- La programmation s'avère ensorcelante, entre conférences, initiations diverses et spectacles.
- Le Cinématographe propose une sélection de films à partir du 17 février pour redécouvrir les sorcières sur grand écran.
- Le samedi 11 avril, les secrets de sorcellerie se dévoilent au public, entre visites ludiques, concerts, jeux, spectacles et même bal pour petits et grands. L’historien et comédien Emanuele Arioli contera la véritable histoire de la fée Morgane. Les déguisements sont les bienvenus.
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