Le vélo plébiscité mais la sécurité pointée du doigt dans la métropole nantaise
La semaine dernière, nous vous avons demandé si vous vous déplaciez beaucoup en vélo pour vous rendre à Nantes. Vous êtes 68 % à l'utiliser régulièrement. 20 % d’entre vous ont répondu non et 11,7 % ont recours à d'autres moyens de transport, jugés moins dangereux. Pierre-Antoine Augereau, président de l'association nantaise Place au vélo analyse ces résultats.
Ces chiffres vous surprennent-ils?
« Non, c'est une tendance que l'on observe. De plus en plus de personne effectuent leurs déplacements à vélo, que ce soit pour le travail, faire leurs courses et leurs loisirs. »
« C'est aussi ce que confirme le baromètre vélo des villes cyclables paru il y a 15 jours, avec une augmentation des cyclistes dans les villes périphériques nantaises. »
Comment expliquer cette hausse ?
« Bien souvent, lorsqu'on interroge les personnes sur le choix du vélo, elles répondent de 2 façons. Soit elles en ont toujours fait et c'est une évidence pour elles, soit, il y a eu une interruption dans leur vie : grève, déménagement, accident, licenciement, qui les incite à réinterroger leurs pratiques de mobilité. »
« Parmi les autres facteurs, on trouve également la rapidité, surtout en période d'embouteillages sur le périphérique et une certaine liberté avec moins de contraintes dans les horaires. »
Nos lecteurs pointent du doigt le manque de sécurité et de signalétique adaptée. Qu'en est-il ?
« La sécurité a toujours été un point noir notamment aux intersections et sur les axes partagés avec des véhicules motorisés. La vitesse et le comportement de certains automobilistes (dépassements trop serrés, stationnements sur bandes cyclables) peuvent également être des freins à la pratique, surtout lorsqu'on est plus âgé. »
« Pour donner envie aux habitants de se mettre en selle, surtout dans les villes de la métropole, il faut que l'environnement soit propice avec des aménagements et infrastructures qui procurent ce sentiment de sécurité. Nantes Métropole œuvre dans ce sens avec la réalisation des voies magistrales destinées à mailler le territoire et favoriser les mobilités douces. »
D'autres soulignent l'insuffisance de lieux pour stationner notamment place du Commerce et à l'aéroport de Bouguenais.
« C'est ce qu'on appelle le système vélo. De la même manière que pour la voiture, il faut qu'il y ait tout un écosystème instauré afin de changer les pratiques. Cela passe par davantage d'arceaux pour éviter les vols, des ateliers d'auto-réparation, un savoir-rouler. »
« Notre association a mis en place depuis plus de 20 ans une vélo-école pour apprendre à circuler dans la ville et à se positionner par rapport aux autres véhicules, notamment aux ronds-points. Et nous proposons un Brico vélo pour que chacun puisse entretenir son équipement. »
Merci aux 231 personnes qui ont participé. Rendez-vous mercredi prochain pour une nouvelle question.
Nos lecteurs ont aussi lu :
Lire la dernière édition de l'Essentiel Nantes