Le portrait : Guillaume Fiala, un drôle de poisson
L’artisan poissonnier de Sautron a traversé les tempêtes avant de connaître la réussite. Il défend aujourd’hui sa profession, la pêche éthique et les produits de qualité. Sur les réseaux sociaux, le jeune entrepreneur s’évertue à sensibiliser le public.
Débuts chaotiques
La jeunesse de Guillaume Fiala est rythmée par la poissonnerie de son père, Thierry, qui décède tragiquement dans un accident de voiture en 2010. Plusieurs mois après le drame, le jeune militaire décide, à l’âge de 21 ans, de quitter l’armée et de passer un BTS commerce en alternance.
Après une brève expérience dans le bâtiment, le Nantais revient à la source : le marché du poisson. Avec un associé, il reprend le matériel et le local de son papa. Mais au bout de 3 années d’efforts intenses, la collaboration prend fin et Guillaume, endetté, accuse le coup.
La roue tourne
Il relève la tête grâce à Vincent Bézier, poissonnier à Sautron : « Il m’a encouragé à prendre un nouveau départ et m’a prêté une camionnette », se souvient-il. Reparti de zéro en 2018, le jeune entrepreneur tient sa revanche. Il rachète une première tournée de marché à l'un de ses confrères, puis en décroche 3 autres.
Ce travailleur acharné devient même propriétaire de plusieurs boutiques à Nantes et Saint-Herblain, et reprend le commerce de Vincent Bézier. « Mon activité a évolué trop vite. Parti seul, j’ai embauché jusqu’à 15 collaborateurs et atteint un chiffre d’affaires annuel de 2 millions d’euros ! »
Fin 2024, le poissonnier et sa femme décident de lever le pied. Avec 2 salariés, le couple se concentre maintenant sur son magasin de la rue de Bretagne, à Sautron.
Ses nouveaux objectifs
Désormais plus serein, Guillaume se bat pour la pêche artisanale et le commerce de proximité : « Chaque jour, je sélectionne mes produits en criée, valorise les petits bateaux et explique aux clients pourquoi ils doivent soutenir la filière », explique-t-il.
Sur les pages Facebook et Instagram « Fiala marée », suivies par des centaines d’abonnés, l’apprenti influenceur crée des contenus incitant à consommer « moins mais mieux ».
Le jeune patron lance aussi une box de poisson (livrable à domicile), locale et responsable, « pour rendre la mer simple et accessible à tous ». Toujours en quête de défis, il compte atteindre un nouveau but : le concours de Meilleur Ouvrier de France.
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