Michel Pechousek transmet la passion du vitrail à Nantes
Passionné par le matériau depuis l’âge de 16 ans, le Nantais, aujourd’hui en âge de partir à la retraite, continue de restaurer des vitraux dans son atelier. Il propose aussi des stages d’initiation pour susciter de nouvelles vocations.
Une rencontre
« J’ai découvert ce métier par hasard. Ma mère faisait du secrétariat à domicile. Un de ses clients réalisait du vitrail à Nantes. Je suis allé chez lui pour en savoir plus. J’ai toujours été attiré par le verre, ça laisse passer la lumière, c’est à la fois fragile et résistant », raconte Michel Pechousek.
Là-bas, le jeune garçon découvre l’envers du décor des vitraux. « Ce sont de vrais tableaux vivants qui sont entretenus. On n’y pense pas quand on visite une église. » À la suite de cette rencontre, il entreprend un apprentissage avec son hôte. Il y travaillera pendant 10 ans pour apprendre le métier de restaurateur.
En 1977, Michel Pechousek prend son envol et fonde son atelier à Nantes, dans lequel il emploie jusqu’à 3 personnes, en plus de sa femme, qu’il forme également.
Des chantiers qui marquent
Les vitraux du Château des Ducs de Bretagne, de la Basilique Saint-Nicolas, de la Chapelle de l’Immaculée… Le maître verrier est mobilisé sur des travaux de restauration d’envergure, mais ce sont souvent ceux des églises de campagne qui le fascinent. « On y prend plus de plaisir. »
Sur le chantier de l’église de Saint-Pierre de Montrelais, Michel Pechousek et son équipe ont restauré les vitraux du XVIe siècle sur la Crucifixion, classés Monument historique. « Ce vitrail, il a vu des choses et ça nous plonge dans la vie de cette époque. »
Quand il restaure, le maître verrier fait preuve de minutie. Une fois que les vitraux sont dans son atelier, il commence par enlever tout ce qui maintient les pièces entre elles. Il nettoie le verre, reconstitue les pièces, redessine, peint et cuit au four. Puis, il refait la mise en plomb recto-verso, (il assemble de nouveau les pièces entre elles avec une soudure à l'étain). « Et c’est reparti pour un siècle de vie. »
La patience est aussi de mise, comme en témoigne son jeu de fléchettes, son défouloir. « La restauration n’est pas une science exacte, on ne sait pas exactement combien de temps ça va durer. »
La transmission
Aujourd’hui, Michel Pechousek travaille seul avec sa femme et ne répond plus à des appels d’offres. « On vient me solliciter et je choisis avec qui je veux travailler. C’est un privilège. Ça me permet de continuer à mon rythme. » Le sexagénaire ne souhaite pas raccrocher. « J’estime ne pas avoir fait le tour de mon métier et je ne le ferai pas. »
Le reste de son temps, il souhaite le consacrer à la transmission de son savoir, en organisant des visites de son atelier et des stages d’initiation. « J’ai envie de sensibiliser les gens, de leur transmettre le respect du vitrail, qu’il faut en prendre soin, surtout en ce moment quand la culture perd des subventions. »
Découvrir : 09 50 06 39 87, visite d’atelier : dix personnes maximum. Stage : trois personnes, 15 h ou 30 h, sur deux ou quatre jours. Renseignements par mail ici.
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