Mercredi 7 janvier
Un dernier hommage à l'écrivain nantais Pierre Bordage, pilier de la science-fiction
Rédigé par Farah Sadallah
Surnommé le guerrier de l'imaginaire, Pierre Bordage s'est éteint à 70 ans. (crédit : Michael Méniane).
L’auteur nantais de la trilogie Les Guerriers du silence publiée aux éditions de l’Atalante et d’une cinquantaine d’autres romans s’est éteint le 26 décembre 2025. Ses obsèques ont lieu ce jour à 16h30 au crématorium de Nantes. Récit d’un homme qui n’a jamais cessé d’écrire.
La genèse
- Né le 29 janvier 1955 dans une ferme familiale vendéenne, Pierre Bordage est d’abord prédestiné à devenir prêtre en intégrant le séminaire. Mais cette expérience le traumatise et sa peur du dogme religieux se retrouvera dans bon nombre de ses romans.
- Le bac en poche, il s’inscrit en lettres modernes à l’Université de Nantes. Lors d’un cours en littérature comparée, il lit les Chroniques martiennes de Ray Bradbury.
- « Il va découvrir le vertige gigantesque que peut apporter la science-fiction et ça va devenir son créneau », raconte Yann Olivier, éditeur de la maison l’Atalante.
- Attiré par la spiritualité, qu’on retrouve dans l’intégralité de son œuvre, il voyage plusieurs mois en Inde avec sa femme et tient une librairie ésotérique à Paris, pendant 3 ans, avant de s’exiler dans un village reculé du Gers.
- Là-bas, il entreprend l’écriture de son manuscrit Les Guerriers du silence. Pierre Bordage fait ensuite un virage à 360 degrés et devient commercial pour un grossiste en jouets, puis journaliste sportif. « C’était un passionné de sport, du basket notamment. »
Un succès immédiat
- Les Guerriers du silence est finalement publié en 1993. L’Atalante lui donne sa chance et c’est un succès. Le premier tome se vend à 50 000 exemplaires et Pierre Bordage reçoit le prix de l’Imaginaire.
- « Cette grande fresque spatiale très épique infusée de spiritualité est un renouveau pour la science-fiction francophone. »
- Ce succès ne l’enferme pas pour autant dans le space opera. Bien au contraire, selon Yann Olivier. « En faisant dès sa deuxième œuvre, Wang, une anticipation à moyen terme, il s’est libéré de ce style. Ensuite, il va écrire des anticipations à court terme, de la fantasy, du space opera, un roman de premier contact, Les dames blanches, que j’aime beaucoup. »
- Il rentre même dans l’intime et écrit sur son addiction aux jeux dans Tout sur le zéro.
- En parallèle de l’écriture, Pierre Bordage devient président du festival des Utopiales entre 2001 et 2011. « Il a permis de faire de cet événement le plus grand dans le milieu de la science-fiction en Europe. Cette année, c’était la première fois qu’il n’a pas pu venir et c’était émouvant. »
Mais aussi
- Animé par sa curiosité, l’auteur s’essaye à d’autres expériences d’écriture, au gré de ses rencontres, comme la novélisation du film d’animation Kaena, la prophétie ou encore l’adaptation théâtrale et celle de sa propre œuvre en bande dessinée.
- « Il a passé son temps à dire oui et à vouloir partager. C’était quelqu’un de très humain, il s’intéressait beaucoup aux autres et à leur travail. »
- Pierre Bordage a écrit jusqu’à la fin de sa vie. « Ce qui le faisait avancer, c’était d’écrire des romans. »
- L’auteur de science-fiction s’est éteint en écrivant son prochain livre, un space opera. Le style qui l’a lancé.
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