Mardi 17 février
Bop Technologies, des prothèses et orthèses innovantes à Nantes
Rédigé par Farah Sadallah
Sylvio Bagnarosa s'occupe de la fabrication et de l'appareillage (crédit : Bob Technologies)
Sylvio Bagnarosa a créé son entreprise d’orthoprothèse il y a une quinzaine d’années dans l’agglomération nantaise. Il a récemment ouvert une entité à Paris avec son frère pour répondre aux besoins de la patientèle parisienne.
La petite histoire
- Élevé par un père cordonnier, Sylvio Bagnarosa étudie en école de chaussures orthopédiques. « Je n’étais pas emballé par l’école classique. J’étais plus attiré par les métiers manuels », se remémore l’orthoprothésiste.
- Son bac pro en poche, il enchaîne avec un BTS dans le grand appareillage en prothèse (remplace un membre absent) et orthèse (soutient un membre déficient). « C’est comme ça que j’ai commencé. J’aime la fabrication et c’est plus complet. On s’occupe aussi de l’appareillage. J’aime le lien social qu’on crée avec les patients. »
- De retour de l’armée, il intègre l’entreprise d’orthopédie Ottobock à Paris. Il y restera pendant 16 ans. Puis, « j’ai voulu tenter l’aventure en tant qu’indépendant. Je suis parti m’installer à Nantes avec ma femme et mes enfants », poursuit-il.
- Sylvio Bagnarosa travaille d’abord en binôme avec sa femme. Désormais, ils sont 10. Il y a 2 ans et demi, le directeur a fait construire un plus grand bâtiment à Carquefou. Il a également ouvert une antenne en Vendée. « La progression a été douce, mais efficace », constate-t-il.
De quoi parle-t-on ?
- Le métier implique un accompagnement du patient sur le long terme. « Les personnes amputées passent plus de temps avec nous qu’avec d’autres spécialistes. Il faut stabiliser le volume du moignon, adapter la prothèse. On guide le patient. C’est très complexe. La rééducation peut parfois prendre plusieurs mois, voire 1 à 2 ans, selon la situation. L’écoute et l’empathie sont essentielles. »
- Au sein de Bop technologies, l'orthoprothésiste fabrique les orthèses et les prothèses des membres supérieurs et inférieurs et appareille ses patients.
- Par exemple, il propose des orthèses électroniques pour les membres inférieurs. « Les patients peuvent marcher avec plus de souplesse, ça accompagne le mouvement d’une jambe valide. »
Une expertise
- Spécialisée dans les nouvelles technologies, la société est la seule en France à appareiller des patients qui ont bénéficié d’une chirurgie TMR, c’est-à-dire une réinnervation musculaire ciblée permettant de connecter une prothèse bionique à un membre supérieur amputé.
- « Le chirurgien réimplante des nerfs amputés dans le bras, et nous, nous allons venir connecter les électrodes à la peau au contact de la masse musculaire du moignon. »
- Cette technologie a pour principal but de supprimer les douleurs neuropathiques qui sont très fréquentes chez les amputés de membre supérieur, selon lui, et d’augmenter la fonctionnalité minutieuse de la prothèse, (l’ouverture et la fermeture d’une main par exemple).
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