Rémi Schnell, photographe animalier près de Nantes
Rémi Schnell fait de l’affût à La Montagne depuis 5 ans. À chaque fois, il est à la recherche de la rencontre qui lui permettra de saisir, avec son objectif, les animaux dans leur environnement naturel.
Un autodidacte
Musicien depuis l’âge de 14 ans, Rémi Schnell, désormais la quarantaine, a joué dans de nombreux groupes de musique. « Mais j’ai toujours eu dans un coin de ma tête l’envie de me mettre à la photo », raconte le guitariste autodidacte. « J’ai grandi à la campagne dans le Val-d’Oise, je jouais beaucoup dans les bois, c’est ancré en moi. La nature me manquait. »
La fermeture des lieux culturels pendant la crise sanitaire lui offre l’opportunité de s’y mettre. « Mes contrats se sont arrêtés et je venais de m’acheter un appareil photo. J’ai pu apprendre à ce moment-là. »
Comme la musique, il apprend par lui-même en travaillant la photo comme on travaille des gammes et des accords. « J’ai appliqué la même théorie. » Il s’essaye à plusieurs techniques : l’astrophotographie, la photo de rue, d’architecture, sportive. Puis un matin, en 2021, il fait une sortie en forêt au lever du jour. « Dans un champ, je suis tombé sur deux chevreuils. Ça m'a foudroyé. C’était comme un tableau. Je me suis dit : c’est ça que je veux faire. »
Des amis écureuils
Depuis, Rémi se lève aux aurores plusieurs fois par semaine pour revivre cette même sensation. « J’adore ce côté imprévu. On n’a jamais de certitude. Je construis une cabane et j’y reste caché pendant des heures en attendant la rencontre. C’est une décharge d'adrénaline à chaque fois. »
La consécration, il la trouve en déménageant à La Montagne, en 2023, dans une maison avec un jardin à l'orée d’un bois où vit une famille d’écureuils. « Je me suis dit c’est un signe. » Rémi y passe beaucoup de temps. Les rongeurs se sont même habitués à sa présence. « Je ne me cache plus, ils viennent sans problème autour de moi. »
Faire corps avec la nature
En parallèle de sa passion, Rémi est médiateur social dans l’emploi et accompagne les gens du voyage. « Je travaille quatre jours par semaine pour avoir du temps pour la photo, mais je n’en vis pas encore. Je gravis petit à petit les échelons. »
Et la musique ? Le photographe continue, mais moins régulièrement. « Il m’arrive de faire des concerts pendant des expositions de mes photos. C’est vraiment génial. J’aimerais mélanger les deux. » Car pour Rémi, la nature est aussi une symphonie, grâce aux chants des oiseaux, aux pas des animaux…
Le photographe animalier est capable de reconnaître le moindre bruit au moment du repérage et de l’affût. « On ne fait plus qu’un avec la nature. On se fait oublier et on revient à l’état minéral. C’est la plus belle sensation que je connaisse. Je me sens maintenant complet. C’est mon sanctuaire. »
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