Jeudi 11 juin
Cancer du col de l'utérus, faites-vous dépister au CHU de Nantes
Rédigé par Farah Sadallah
La campagne Juin vert promeut le dépistage et la vaccination (crédit : Adobe Stock).
À l’occasion de Juin vert, le mois national de sensibilisation au cancer du col de l’utérus, le CHU de Nantes propose un temps d’échange et la possibilité de se faire dépister. L’objectif étant d’encourager le dépistage précoce et d'informer sur la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), le principal facteur de risque.
De quoi parle-t-on ?
- Aujourd’hui, le cancer du col de l’utérus touche 3 000 nouvelles femmes par an en France et provoque 1 000 décès chaque année. « C’est relativement stable, d’une année sur l’autre. On ne voit pas encore les effets de la vaccination », explique Pauline Capelle, gynécologue au CHU de Nantes.
- En effet, la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) n’est pas encore suffisamment répandue en France, contrairement à ses voisins européens.
- « On est très mauvais concernant la vaccination des garçons, qui est à 26 %, et pour les filles, on a un taux de couverture vaccinale de 35-40 %. Alors que l’OMS a fixé un objectif de 80 % d’ici 2030, et nous en sommes encore très loin. »
- Cette journée sera donc l’occasion de vacciner ceux qui ne le sont pas encore, selon la gynécologue. Depuis 2025, l’âge de vaccination a été étendu à 26 ans. « Les études montrent que le vaccin reste efficace, même s’il l’est plus entre 11 et 14 ans. »
Et le dépistage ?
- En plus de la vaccination, le dépistage est aussi une nécessité. « Le vaccin protège à hauteur de 90 % contre les infections à l’HPV persistant. » En 2023, le taux de participation était de 50 % dans les Pays de la Loire et de 60 % en Loire-Atlantique, selon le Centre régional de coordination des dépistages des cancers (CRCDC).
- Il doit être réalisé pour les patientes asymptomatiques ayant entre 25 et 65 ans. « De 25 à 29 ans, c’est le frottis qui est pratiqué. On fait un prélèvement sur le col de l’utérus et on analyse les cellules au microscope. Et après 30 ans, on fait un test HPV. C’est le même prélèvement, mais on recherche la présence du papillomavirus. »
- Cette distinction s’explique par la présence courante de l’HPV chez les femmes de moins de 30 ans, en raison d’une activité sexuelle importante. « Cela peut être une infection passagère qui s’élimine sur plusieurs années. On estime donc que passé 30 ans, les patientes ont éliminé le papillomavirus, mais si le test HPV est positif, c’est qu’il y a une infection persistante qui peut être à l’origine du développement de lésions précancéreuses. »
Les facteurs de risque et les symptômes
- En plus de l’infection à l’HPV persistant, le tabagisme est l’un des principaux facteurs de risque. « La nicotine diminue les défenses immunitaires et les hydrocarbures présents dans le tabac diminuent la cicatrisation en cas de lésion au niveau du col de l’utérus », explique la gynécologue.
- Côté symptômes, ils se manifestent tardivement lorsque la maladie a déjà bien évolué. Selon Pauline Capelle, il s’agit de saignements au moment des rapports ou après, par exemple.
- Aujourd’hui, l’HPV ne concerne pas que le cancer du col de l’utérus. C’est aussi un facteur de risque dans le déclenchement des cancers du vagin, de la vulve ou encore de l’anus, « devant l’alcool et le tabac, de plus en plus ».
S’y rendre : de 10 h à 16 h au CHU de Nantes, à l’hôpital mère-enfant.
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