« Notre mission ? Faire en sorte que tout le monde puisse accéder à l'entrepreneuriat »
L'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie) agit pour que l'entrepreneuriat soit accessible à tous, en particulier dans les quartiers populaires. Grégoire Héaulme, directeur de l'Adie en Île-de-France, évoque les actions de l'organisme à Paris et dans la région, et dresse le bilan de 2025.
Quelles sont les missions de l'Adie en Île-de-France ?
« Notre mission, c'est de faire en sorte que tout le monde puisse accéder à l'entrepreneuriat, que personne ne soit bloqué par manque d'accès aux outils de financement traditionnels des banques. Mais aussi qu'il n'y ait pas besoin d'avoir un grand réseau, d'avoir fait de longues études ou d'avoir beaucoup d'argent pour entreprendre. »
« Nous agissons à travers des outils de financement, comme les microcrédits, et une gamme de services et conseils. Cela commence dès que le projet est réfléchi, mature et prêt à se lancer, et l'accompagnement dure au moins jusqu'à la fin du remboursement du prêt, en moyenne 3 ans. »
Y a-t-il des spécificités dans la région ?
« En Île-de-France, la spécificité est la densité de population et des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) : il y en a près de 300. C'est encore plus important d'avoir une proximité physique avec les porteurs de projet potentiels, que ce soit via nos agences ou nos permanences de terrain. »
« Paris et sa région ont aussi un écosystème particulièrement riche, et il n'est pas forcément évident de s'y retrouver, de savoir vers quelle structure s'orienter selon ses besoins. »
« Enfin, dans la capitale, il y a une plus grande difficulté d'accès à des locaux, car les loyers sont très chers. Pour pallier cela, nous avons créé deux boutiques éphémères, l'une rue d'Avron (20e), l'autre dans la station Gallieni à Bagnolet (93), dans lesquelles les entrepreneurs peuvent s'essayer à la vente en boutique. »
Quel bilan tirez-vous de 2025 et quels projets portez-vous ?
« En 2025, l'Adie IDF a financé et accompagné 4 856 personnes, soit 4,4 % de plus qu'en 2024. À Paris spécifiquement, 630 entrepreneurs ont été épaulés. Au niveau des secteurs, nous avons environ un tiers de commerces, 28 % d'activités de service (nettoyage, entretien, conseil en communication, esthétique...) et des projets autour du transport, de personnes ou de colis. »
« Nous avons créé 4 postes en plus pour travailler dans les QPV. On essaye aussi de renforcer l'engagement de nos 200 bénévoles, qui ont un rôle très actif. Enfin, nous avons créé un nouveau produit, le prêt Jump, à taux 0 et qui vient en complément d'un microcrédit pour une somme jusqu'à 15 000 €, spécialement dédié aux habitants des QPV. L'année prochaine, nous espérons accompagner 20 % de personnes en plus dans la région. »
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