Bergère, militante, chanteuse de chants sacrés, le parcours de Fanny Perrier-Rochas, Parisienne de naissance revenue vivre dans la capitale, dessine la quête d'une voix singulière.
Bio express
Née à Paris en 1990, Fanny Perrier-Rochas grandit dans le Vexin, en Normandie, puis revient étudier l’écologie politique à Sciences Po Paris, filmant notamment les luttes des « zadistes ». Mais à l'issue de cette formation, elle opère un vrai changement : « À 24 ans, j'ai eu besoin de décanter tout ça, laisser le silence et la montagne entrer en moi, être en contact avec les animaux. Je suis devenue bergère pour les estives dans le Queyras (05). »
C'est là qu'elle découvre sa voix lyrique, en appelant les bêtes : « Quelque chose voulait sortir de mon corps », confie-t-elle. Elle tombe ensuite amoureuse des chants byzantins et syriaques, « porteurs de spiritualité et de poésie mystique. » De 2015 à 2020, elle suit une formation à l’Institut International de Chant Sacré, à Paris, et apprend l’improvisation vocale avec le musicien Haïm Isaacs. Musicienne autodidacte, elle crée le spectacle Du fond des âges au Off du festival d'Avignon en 2019, qu’elle interprète par la suite dans les églises, en s’accompagnant à la harpe.
UNE VIE À FLOTS
En 2022, l'artiste devient maman d’une petite Lilas. « C'est un bonheur insoupçonné de voir grandir ma fille », sourit-elle. Aujourd'hui, elle vit sur un bateau à Paris, « une manière d'habiter la ville en gardant un lien avec les éléments. Je m'habitue à être sur le bitume, grâce aux liens d'humanité et de créativité qui se tissent lors des soirées où musiciens, plasticiens et cinéastes, nous improvisons. En même temps, je m'étonne d’élever ma fille à Paris » avoue cette amatrice des sculptures, notamment de Camille Claudel.
DES PROJETS ÉCLECTIQUES
Après avoir signé la bande originale du jeu vidéo Assassin's Creed Odyssey il y a quelques années, la chanteuse planche sur un nouveau défi. Sous son label Cappella Cie, elle enregistre actuellement son premier album au Studio Spectral (10e) avec Eléonore Pernet, violoncelliste, et Florian Monchatre, ingé-son. Un projet « de pop byzantine, très intime où je chante en araméen, en grec ancien et en arabe sur mes compositions inspirées de ces mélodies millénaires », décrit-elle. Sa sortie est prévue en juin 2027. Son prochain concert acoustique a lieu le 28 juin, à 19h, au Club des Poètes (7e).