« En 12 ans, les émissions de gaz à effet de serre ont réduit de 35 % en Île-de-France »
À l'occasion des 10 ans de l'Accord de Paris sur le climat, l'association Airparif, observatoire de la qualité de l'air en Île-de-France, a publié son rapport bisannuel des consommations énergétiques et des émissions dans la région. Lou Mechin, ingénieure et membre de l'organisme, nous présente ce bilan.
QUELLES SONT LES CONCLUSIONS DE CETTE ÉTUDE ?
« Nous avons réalisé un inventaire des émissions, bilan que nous publions tous les deux ans. Ce que l'on retient, c'est que les énergies fossiles, qui représentent un peu plus de la moitié de notre consommation énergétique, sont responsables de plus de 70 % des émissions de gaz à effet de serre (GES). »
« Entre 2010 et 2012, on observe en Île-de-France une réduction des émissions de GES de l'ordre de 35 %. Cela est principalement dû à des évolutions dans deux secteurs : les transports routiers, avec la modernisation du parc roulant et la réduction du trafic, et les secteurs résidentiels et tertiaires, grâce à la modernisation des moyens de chauffage utilisés et une moindre consommation énergétique. Du côté des polluants atmosphériques, on enregistre une baisse de 43 % des émissions de particules fines sur la même période. »
COMMENT AVEZ-VOUS EFFECTUÉ CET INVENTAIRE ?
« Ce bilan regroupe les données de tous les secteurs d'activité que l'on a dans la région. Il est basé sur des enquêtes, notamment sur les véhicules en circulation, sur des données d'émissions, ainsi que sur des boucles de comptage et des observations. Cela nous permet d'avoir des données précises, spatialisées et temporalisées. »
« La particularité de Paris et de la petite couronne, c'est que la densité de population et de trafic est très forte, avec forcément plus d'émissions. Mais on observe aussi des diminutions sur ce territoire. »
QUELLES SONT LES PISTES POUR FAIRE MIEUX ?
« Globalement, à Paris et en Île-de-France, on a réduit la pollution de l'air, ce qui a un effet bénéfique direct, car cela implique une diminution du nombre de décès liés à ce phénomène. Mais cette pollution de l'air est encore responsable de près de 8 000 décès par an dans la région, dont 1 800 à Paris. »
« Il faut aller plus loin pour atteindre les seuils recommandés par l'OMS en 2030. Pour cela, nous avons quelques pistes, comme continuer les efforts sur le trafic routier ou poursuivre la modernisation des moyens de chauffage ou leur remplacement par des appareils moins polluants, avec de l'électrique ou des pompes à chaleur. »
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