Gabriella Brami, fondatrice de Batiwomen, est lauréate du concours Créatrices d'Avenir
Parmi les lauréates de l'édition 2025 du concours Créatrices d'Avenir, Gabriella Brami a été distinguée dans la catégorie Mixité des métiers. Elle est à la tête de Batiwomen, une entreprise de maçonnerie générale et de rénovation qui promeut l'insertion des femmes dans le bâtiment.
À L'ORIGINE
Originaire de Bogota, en Colombie, Gabriella Brami est arrivée en France à 13 ans. Après des études en relations internationales, elle travaille une dizaine d'années dans la finance, notamment à Barcelone, dans un milieu déjà très masculin. « Si j’avais eu plus le choix plus jeune, j’aurais fait un BEP maçonnerie, confie-t-elle. Mais j'aimais beaucoup mon métier ». C'est à son retour en France où, seule avec un enfant à élever, ses aspirations évoluent. « Je voulais pouvoir servir de modèle à mon fils », se souvient-elle. Ambitieuse, elle décide de se reconvertir et de bâtir un projet aligné avec ses valeurs.
OSER ET SE SENTIR LÉGITIME
Sportive confirmée, elle crée d'abord la première équipe féminine de football de Nogent-sur-Marne (94), dont elle est aussi la capitaine. « Je voyais au quotidien beaucoup de femmes souhaitant jouer au foot ou entreprendre d'autres projets, mais qui n'osaient pas ». Souhaitant servir d'exemple à son échelle, elle reprend des études, et se forme sur le terrain en lançant Batiwomen, où elle peut compter sur le soutien sans faille de ses ouvriers. « Quand on arrive dans un milieu plutôt masculin comme ça, il faut se dire qu’on est légitime d’être là, ne pas avoir de syndrome de l’imposteur », affirme-t-elle, malgré les réticences encore parfois présentes, même de la part de clientes.
UN MOTEUR INDISPENSABLE
Aujourd'hui, l'entreprise basée à Charenton fait travailler 3 salariés, deux entreprises sous-traitantes, et collabore régulièrement avec une peintre, une électricienne et une plombière. « Je prône la mixité, le travail en équité avec les hommes », ajoute-t-elle. Inscrite à Créatrices d'Avenir par sa propre équipe, Gabriella Brami voit dans cette distinction une reconnaissance et un levier. « Cela va nous permettre de former des alternantes et de mieux nous structurer », se réjouit-elle. Si l'entrepreneuse avoue ne garder que peu de temps pour ses passions personnelles, elle avance portée par un moteur essentiel : « Mon fils anime ma vie. Je mets un point d'honneur à aller le chercher à la sortie du collège tous les jours, et à l'accompagner à tous ses matches de foot. C’est pour lui et sa génération que je fais tout ça ».
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